Assemblée générale du 4 février 2008 - 6/02/2008

Rapport d’activités - rapport moral 2007-2008

Association "un centre ville pour tous"

 

Nous présentons devant cette assemblée générale les activités qui ont été conduites par notre association en 2007. Cette année a représenté sur plusieurs points un tournant. Tout en gardant un niveau d’activité soutenu, l’association a mieux réparti les tâches qui lui incombaient. Elle a maintenu ses actions de communication et ses actions d’accompagnement pour les habitants du centre ville de Marseille et plus particulièrement de la rue de la République et de ceux des hôtels meublés ou des autres immeubles du PRI de Belsunce et de Noailles. En outre à l’occasion des différentes échéances électorales elle a interpellé les candidats sur les sujets qui concernent son objet et s’est employée à trouver les bases d’une formation adaptée.
  Face à la traduction chiffrée de notre action, nous devons, une fois encore, être conscient de la responsabilité importante de notre association, des forces et des moyens que nous devons réunir.
  
Des chiffres qui parlent.

En 2007, le nombre de nos cotisants (94) a diminué de 17 % par rapport à 2006 après deux ans de stabilité alors que celui de nos sympathisants augmentait de 15 % (2 200 à la fin 2007). Les adhérents ont été régulièrement informés soit par lettres électroniques (14) soit par plis postaux (5). Des communiqués de presse ont été adressés aux médias à 5 reprises. Par ailleurs 2 250 personnes ont été destinataires de 15 diffusions des nouveautés du site de l’association. 
 Cette communication est rendue possible par notre site qui par ailleurs, en 2007, a donné lieu à 132 000 consultations sur les 387 400 visites reçues depuis la création du site par Bruno, dans le 1er semestre 2003.
On peut maintenant consulter 1 850 textes sur le site, dont 970 articles de presse.
Les thèmes les plus visités sur le site concernent : les droits des propriétaires et locataires, l’action que nous avons dû mener face aux services fiscaux, les questions liées à la DUP de Noailles, le décret sur le logement indécent et enfin les problèmes ou les actions menées dans le cadre de la réhabilitation de la rue de la République.
Internet permet toujours à de très nombreuses personnes de questionner l’association, 5 à 10 réponses sont faites chaque semaine grâce au suivi attentif de Martine en relation avec les membres du bureau.
Et de vive voix, tout au long de l’année des entretiens sont donnés à des étudiants, des chercheurs, des journalistes, des délégations étrangères et parfois tel ou tel d’entre nous est invité à intervenir dans des rencontres publiques sur le logement ou dans des débats radiophoniques.

Publication de la plaquette « Petite histoire et grandes batailles »

Cette brochure de 36 pages en quadrichromie a été publiée en 1 000 exemplaires en juin 2007. Cette production collective a été réalisée sous la conduite de Dominique Pons et Martine Derain. Elle fait l’objet d’une diffusion auprès de libraires marseillais et à la diligence des membres du Conseil d’administration.
 
 
La réhabilitation de la rue de la République

La rue de la République a continué à mobiliser de façon importante notre attention en 2007, avec les 2 permanences par mois et la présence en continu de plusieurs d’entre nous auprès des résidents.
 Tout en constatant que nos actions menées auprès des habitants depuis 2004 ont permis d’obtenir des solutions, connues ou non, pour beaucoup de locataires menacés à l’époque par les interventions de Marseille République, il reste encore à trouver des solutions pour près d’une centaine de locataires. Par ailleurs, pour les locataires de la société ANF Eurazéo, le problème de la hausse des loyers à l’occasion du renouvellement de leurs baux constitue un grave problème assimilable à une menace « d’expulsion » par la loi du marché. Notre action sur cette question consiste à orienter les locataires vers des syndicats de locataires et la CDC (Commission Départementale de Conciliation).
 Si les violences de chantiers ont quelques peu diminué et les pratiques excessives des propriétaires se sont un peu humanisées, un certain nombre de problèmes demeurent qui ont fait l’objet de réunions et d’échanges de lettres avec le Directeur Général d’Euromediterranée, avec le Secrétaire Général Adjoint de la Ville, mais aussi avec le Directeur de Cabinet du Président du Conseil Général et le Préfet à l’égalité des chances ou encore avec Sogima.  
Notons aussi que l’association a participé jusqu’à mi 2007 à la « coordination des associations et collectifs de la rue de la République ». En outre dans le cadre de la recherche-action du PUCA sur la rue de la République, des adhérents de l’association ont apporté leurs témoignages et pour autant que de besoin leur aide.
Les modifications apportées à la structure financière du capital de la société Marseille République intervenues à la fin de 2007 , la progression du niveau des loyers pratiqués par les différents propriétaires concernés par la réhabilitation, les incertitudes qui pèsent sur les évolutions des services de proximité de la rue, l’absence de transparence des résultats de l’OPAH et les interrogations sur les suites qui pourraient être données au dispositif public d’accompagnement sont autant de sujets qui préoccupent les habitants. Ils viennent s’ajouter aux interrogations de notre association sur l’avenir de nos actions. 

Les périmètres de restauration immobilière de Belsunce – Noailles/Chapître

Sur la lancée des années précédentes, notre association a poursuivi ses actions en deux directions principales :
- La première a consisté à rester à l’écoute des habitants et notamment de ceux qui dans les hôtels meublées ou dans des immeubles exploités par des marchands de sommeil. Notre association a continué à leur apporter aide et assistance autour des actions en justice ou en direction des pouvoirs publics et des médias. Ces actions ont concerné notamment des habitants touchés en 2006 par les radiations du rôle des impôts et par la rétention des déclarations de revenus de 4 000 contribuables du Ier arrondissement de Marseille, objet d’une délibération importante de la HALDE le 19 juin 2006. Elles ont en outre touché les locataires des immeubles réhabilités dans le cadre du PRI. Sur ce sujet, différentes rencontres et interventions auprès de Marseille Aménagement ont permis d’évaluer l’ampleur des évictions de fait qui ont eu lieu dans le but d’éviter que ce processus d’exclusion perdure.
- En second lieu, notre association a été interpellée par la situation de locataires se trouvant dans des immeubles réhabilités et dont les conventions de défiscalisation de leurs propriétaires arrivaient à leur terme. En effet ces derniers leur donnaient congé pour revendre l’immeuble. La menace d’éviction de ces locataires s’ajoutant à une réalité de malfaçons repérées ou cachées dans les travaux de réhabilitation de ces immeubles démontre, hélas, la justesse de nos analyses et renforce les bases de notre revendication de réparation et de prévention auprès des autorités publiques. C’est pourquoi des rencontres ont déjà eu lieu ou sont en cours de préparation avec l’Etat, la Ville, la Région et le Département. Par ailleurs la situation des anciens migrants et les obstacles qu’ils rencontrent aujourd’hui notamment pour leur logement au centre ville de Marseille ont fait l’objet d’une interpellation des candidats à la Présidence de la République en avril 2007. Ces interpellations des pouvoirs publics sont appelées à se renforcer avec la mise en place de la loi sur le droit au logement opposable.
 
  Le logement social au centre ville de Marseille : interpellations des candidats marseillais aux élections.

  
  Un devoir d’intervenir dans le débat public sur la question du logement dans cette ville s’est imposé à notre association compte tenu de son expérience accumulée dans l’analyse et l’action conduite sur le centre ville mais aussi en raison des multiples compétences réunies par ses membres.
  C’est pourquoi, après avoir proposé diverses mesures à l’occasion des deux conventions organisées, en 2005 et 2006, sur l’habitat et le logement par MPM, l’association a interpellé en mai et juin 2007 les candidats marseillais aux élections législatives et a publié les réponses reçues. Un nouveau dossier a été proposé, le 19 octobre, à une table ronde réunissant associations et socioprofessionnels qui a permis d’élaborer une interpellation sous forme d’un dossier d’analyse se concluant par 6 questions adressées aux candidats aux élections municipales de Marseille. Parallèlement un « quatre pages » pour la communication a été élaboré.
  Sans présumer des réponses qui seront données par les candidats et des publications comparatives qui seront faites au regard de l’analyse et des questions posées par notre association, il ne fait aucun doute qu’elles seront indicatives des directions que pourra prendre « centre ville pour tous » pour l’avenir.

  Les actions d’information et de formation
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  On notera aussi que l’association, en puisant dans les actions qu’elle a mené ces dernières années en matière de formation et d’information autour des débats et conférences qu’elle a organisés, des travaux de recherche qu’elle a accompagnés, des outils de formation et d’information qu’elle a élaborés, des stages de formation qu’elle a animés a acquis un certain savoir faire qui ne demande qu’à être mobilisé. C’est pourquoi l’association s’est employée à dégager en 2007 les axes des actions à privilégier au titre de la formation. 
 
Quels objectifs aujourd’hui ?

Lors de notre AG de 2007 nous nous étions fixé les tâches suivantes :

•  « Informer l’opinion, les habitants et les militants concernés : Informer sur la réalité de vie des habitants, porter à leur connaissance leurs droits et leurs moyens d’action, mais aussi décoder le sens des projets de la ville de Marseille dont les véritables buts ne sont pas affichés clairement.
•  Faire pression sur les pouvoirs publics : Nous faisons le constat que les différents pouvoirs publics se font très souvent, plus ou moins volontairement, les complices des injustices subies par les mal-logés, en ne remplissant pas, ou mal, leur rôle de gardien de la loi et de responsables de la solidarité républicaine.
•  Aider concrètement les gens en grande difficulté : Les permanences nous amènent à rencontrer des personnes en difficulté, parfois très grande, dans leur droit au logement et à l’accès aux services publics liés à l’habitat. Il nous paraît important de développer les solidarités concrètes vis-à-vis de ces personnes, et nous voudrions proposer à nos adhérents de s’engager davantage dans des soutiens individuels, non pas tout seuls, mais en liaison étroite avec l’association et son réseau.
•  Au bout du compte, nous avons une exigence, c’est que soit respectée coûte que coûte la dimension sociale de la rénovation de ce centre ville. Il est inacceptable que les capitaux, les avantages fiscaux, « l’image » du centre, le tramway et l’esthétique des voies et des immeubles soient plus importants que les habitants eux-mêmes et leur droit à vivre dignement. Nous demandons qu’enfin, un projet social soit établi pour le centre ville, avec ses équipements sociaux et culturels et une vraie égalité d’accès à ces équipements. »

Le bilan que nous faisons au regard des tâches que nous nous étions assignés est contrasté. Il est vrai qu’il s’est déroulé sous fond d’une intense période électorale. Il ne doit pas cependant nous faire perdre de vue que les problèmes que nous traitons sont complexes et ne « collent » pas à un calendrier institutionnel bien établi. C’est pourquoi nous devons, pour 2008, d’une part poursuivre les chantiers et les actions que nous avons entrepris précédemment et d’autre part tirer parti du résultat des interpellations et décisions institutionnelles concernant l’habitat et le logement :

•  Pour la réhabilitation du secteur République : le maintien des permanences tous les 15 jours : 20 permanences/an ; le développement de visites à domicile pour les personnes en difficulté de déplacement ; la publication de communiqués de presse sur des événements survenant sur le secteur république ; la fabrication d’un « N° spécial République » sur un bilan OPAH que nous devons continuer à exiger ; des rencontres avec les pouvoirs publics à l’occasion de la publication du bilan de l’OPAH ; l’ approfondissement sur les voies et moyens de notre action visant à préserver les habitants des conséquences liés aux changements de propriétaires ; participer à des actions de recherche et de communication en direction des habitants.
•  Pour les périmètres de restauration immobilière de Belsunce – Noailles/Chapître : les suites à donner à la délibération de la Halde sur les locataires des hôtels meublés et sur les bénéficiaires de la loi Dalo ; le suivi des mesures prises au titre des délibérations du conseil municipal concernant l’éradication de l’habitat indigne, le logement des travailleurs isolés et la construction ou la réhabilitation de logement sociaux au Centre ville ; la constitution d’une veille immobilière et sociale des « sorties de dispositifs » en direction des pouvoirs publics et des médias ; concevoir et participer à une évaluation immobilière et sociale des opérations PRI au centre ville.
•  Pour le logement social au centre ville de Marseille : interpellations et actions de formation : organiser une communication autour des réponses concernant les interpellations aux candidats aux élections municipales ; améliorer ou concevoir des outils de formation et d’information concernant le Centre ville, le logement social et la lutte contre l’habitat indigne, la participation des habitants : programmer et co-organiser des sessions de formation à destination des acteurs qui sont en relation avec les habitants ; articuler les interventions de formation et d’information en direction des étudiants et des chercheurs.
•  Pour le maintien de l’indépendance de l’association : implication des membres et promotion de l’association au rang des incontournables : recrutement de nouveaux membres ; manifestation de soutien en direction des habitants les plus fragiles touchées par les opérations de réhabilitation ; publication des résultats ; organisation de table ronde avec des acteurs associatifs, institutionnels et socioprofessionnels ; promotion d’outils de formation et de communication.

Et aussi

31/03/2017
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Mise à jour : vendredi 26 mai 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0