ITR Games - 22/03/2010

Denis Gheerbrant, "La république Marseille"

 
Le documentaliste renommé, déjà auteur de l’arpenteur dans la collection "Le geste cinématographique" revient cette fois avec "La république Marseille". Cinéaste voyageur, Denis Gheerbrant propose un coffret de 2 DVD et un livret de ses films sur les habitants de la cité phocéenne sortis en salle en octobre 2009.
 
La république Marseille emmène le spectateur à travers sept univers qui composent une ville comme une république. On retrouve les dockers, les militants ouvriers, les femmes d’une cité jardin ou encore les habitants d’une cité ghetto... confrontés à une violente opération immobilière. Les sept épisodes proposés sont autant de rencontres attachantes.
 
Disponible à la vente le 6 avril 2010
Prix de vente indicatif : 35 € le coffret 2 DVD et un livret
 
Le collection « Le geste cinématographique » complète « Regards », constituant une sorte de mémoire visuelle du XXème siècle, en revenant sur ses grands évènements et ses principaux acteurs.
 
« Rendre compte en sept films d’un état présent du peuple et du monde : le projet de Denis Gheerbrant, inlassable arpenteur, est unique. D’une ampleur inédite, quasi démesurée, La république Marseille fait en effet date dans l’histoire du documentaire en France. Dans les quartiers populaires de la ville, c’est l’humanité même qui vient à notre rencontre. En dépit de ce qui les menace, les fragilise ou les lamine, ces femmes et ces hommes, venus de tous les horizons, ont beaucoup à nous dire : sur la mémoire et sur la politique comme sur tout ce qui fonde encore leur puissant désir d’une société commune. » estime Patrick Leboutte.
 
Les Femmes de la cité Saint-Louis
 
 
DVD 1
 
La Totalité du monde (14 mn), quel cinéaste ne rêverait pas d’en saisir, ne serait-ce qu’une bribe ? C’est un peintre qui emploie cette expression. Avant, fils d’ouvrier, il a été ouvrier, puis docker. Et sur ces mondes, il porte un regard à la fois intérieur et décalé. Un petit film pour commencer, comme pour ajuster notre regard.
 
Les Quais (46 mn), c’est l’univers de Rolf, « docker de l’Estaque », comme une double identité, celle du port, d’une histoire qu’il légende, et celle d’un quartier populaire, ouvrier, toutes immigrations brassées, ouvert sur la mer. Blessé au travail, il reprend après deux ans d’inaction. Mais Roger - ancien dirigeant syndical à l’époque où les dockers bloquaient les armes pour l’Indochine - n’entretient guère d’espoir quant à l’avenir du port. Et l’Estaque de Rolf est en train de bien changer.
 
De L’Harmonie (53 mn) de l’Estaque, à cent mètres de chez Rolf, on pourrait dire que c’est un fief, celui des anciens dirigeants de la cellule locale du Parti Communiste entrés en dissidence. On y vient de tous les quartiers alentour pour jouer au Loto et des jeunes y apprennent à chanter des airs d’opéra. Mais l’harmonie de l’Estaque-gare ce sont d’abord des femmes et des hommes ensemble. Et l’idéal politique toujours, ravivé par les élections qui remettent en jeu un siège de député tenu par les communistes depuis soixante-dix ans.
 
Les Femmes de la cité Saint-Louis (53 mn), une cité jardin que les habitants, de génération en génération, depuis 1926, se sont appropriés pour en faire un petit monde, ouvrier, joyeux et combatif. Une société de femmes ? En tout cas, ce sont maintenant les femmes qui défendent leur désir de société, au moment où l’organisme HLM qui gère la cité veut mettre les maisons en vente.
 
 
DVD 2
Le Centre des Rosiers (64 mn), une cité de la fin des années cinquante, avec ses grandes barres de béton brut, a quelque chose d’une forteresse. Le chômage, le commerce de drogue, la concentration de toutes les misères du monde feraient exploser cette cité, s’il n’y avait une formidable force de vie : l’aspiration tout simplement à aimer, gagner sa vie et faire partie de la société. Ce n’est rien d’autre que cela qui se joue ici : le centre des Rosiers est un centre social.
 
Marseille dans ses replis (45 mn), un trajet, des usines du nord de la ville au bord de mer, la caméra comme un carnet de croquis à la main. Marseille invisible, comme cette femme qui se cache pour mieux libérer sa parole. « Marseille après la catastrophe » : un rescapé des années drogue et sida, des jeunes dans un club de quartier et à la boxe, deux amis qui ont monté leur boîte après la faillite de leur entreprise de décolletage, des jeunes filles au bord de leur adolescence….
 
La République (85 mn), à Marseille, c’est une artère de l’époque haussmannienne rachetée par deux groupes immobiliers. Elle se doit alors d’être embellie et la mairie la pare d’un tramway pour en faire le symbole d’une « reconquête du centre-ville ». Les habitants se parlent, se réunissent pour échanger leurs expériences et apprendre à se défendre. Ils étaient censés disparaître, ils se révèlent. Vincent, Jules et Monique, Madame Ben Mohamed et Madame Cary, certains ont un passé politique, d’autres pas, certains ont eu une vie tumultueuse, d’autres pas, c’est une petite république qui se monte là.
 
Complément
 
 Un livret de 20 pages où, après une introduction de Patrick Leboutte, Denis Gheerbrant revient à travers une série de questions/réponses sur la réalisation des films, le choix de Marseille, ou encore les rencontres avec les protagonistes de La république Marseille.
Publié le 16 mars 2010
 
 

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