Compte rendu - 26/11/2010

« La place des centralités dans une métropole »

 
2è Atelier Formation
Lundi 25 octobre 2010 (Cité des Associations) sur :
«  La place des centralités dans une métropole  »
Avec :
  Jacques BOULESTEIX
Président du Conseil de développement de MPM
Astrophysicien, président du pôle de compétitivité OPTITEC
 
 
Rappel cadrage CVPT : Le Conseil de développement de la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole regroupe 180 personnes de toutes qualités professionnelles et militantes. Il est pleinement investi par la Communauté Urbaine pour formuler des propositions. Il a mis en place plusieurs commissions de travail qui sous la houlette de son président Jacques Boulesteix produisent un travail important de réflexion sur la réalité actuelle et future de l’agglomération qui regroupe 18 communes, et plus d’1 millions d’habitants.
M. Boulesteix reprenant les propos du président du conseil de développement du Grand Lyon disait lors de son installation en octobre 2009 "le Conseil de développement doit être un développeur de débat public". Il s’est depuis engagé avec énergie pour que ce débat se développe.
 
Un Centre Ville pour Tous est attaché à ce que le centre ville de Marseille ne soit pas laissé pour compte face au développement de l’agglomération, et, au-delà, de la métropole. « Les centralités jouent un rôle clé dans les échanges. Elles sont également des éléments très forts de l’identité des territoires, tant sur les aspects historiques, culturels, éducatifs, économiques ou sociaux. Les centralités, qui ont des logiques et des problèmes propres, structurent fortement l’espace métropolitain et ont un rôle important à jouer dans la construction métropolitaine. »
 
M. Bouleistex : On a voulu mettre en place un Conseil de développement sérieux c’est-à-dire capable de donner son avis en temps utile, par ex pour le SCOT. Le Conseil de développement est sur une autre échelle démocratique et temporelle pour faire avancer la métropole par des débats publics.
Nous avons une indépendance garantie par des moyens (de l’ordre de 100 fois ce qu’il y avait avant). 180 personnes dont 160 personnalités qualifiées désignées, et des membres associés.
Sur le PADD on a fait des remarques fortes et on a dit qu’on ne voulait plus travailler n’importe comment.
Par ailleurs, le travail qu’on fait avec les 3 agglomérations voisines est intéressant.
On est tous coincés entre métropoles et aire métropolitaine, centre ville et centralités. Marseille ville méditerranéenne entre mer et collines, et des problèmes fonciers très différents. Jusqu’au XIXème siècle, tous les pouvoirs y ont été concentrés dans les mêmes mains, et quand les pouvoirs se découplent d’autres centralités naissent. Il y a selon les cas diffusion de la centralité (Montpellier, Toulouse) ou pluri-centralités (administrations, technologie, loisirs, innovation, économie, culture…) avec des performances fonctionnelles.
Avec 90 % de la population urbanisée désormais, il y a mutation des espaces, passage d’une centralité unique à un schéma complexe.
Il y a le problème particulier des déplacements à Marseille, l’inadaptation des transports en commun bloque la métropole.
L’espace public urbain structure l’espace, il faut anticiper, la réflexion est faible à Marseille.
Il n’y a pas de métropole sans fonctions métropolitaines et cohérence entre elles, il n’y a pas de ville sans création de richesses au risque de péricliter. Le bien vivre y est lié.
Mais d’un autre côté, plus une métropole coûte cher, moins bien on y vit (transport, services publics, emplois, qualification, …), il y a beaucoup d’emplois publics, si on les supprime, il y a un gros trou qui se fait.
Nous avons une métropole inefficace qui nous coûte cher (appauvrissement, etc.)
La question de la gestion et de la préservation des espaces concerne l’ensemble de la métropole.
Notre métropole a été façonnée de façon très particulière : la ville centre est isolée. Jusque dans les années 1980, le Rove n’était pas inscrit dans l’aire métropolitaine. Et l’histoire joue son rôle, à l’époque de la « ville sans nom » les administrations ont été transportées à Aix, et cette histoire se transmet.
La politique est un élément majeur du retard pris, cela nous a coûté des sommes énormes. Par exemple l’absence de lignes Aix-Marseille et Aubagne-Marseille qui témoignent d’un retard considérable.
Archipel et discontinuités de la métropole.Plan de Campagne n’a pas voix au chapitre, les plans de développement de l’Huveaune sont ingérables, etc. tout cela a des répercussions sur les inégalités.
Il ne peut pas y avoir de métropole si 300 000 habitants pauvres sont au centre de l’espace urbain.
Les citoyens ont dé »jà intégré le fait métropolitain et ils en voient les limites quotidiennement.
Le retard ne sera comblé que par des projets dont chacun tirera le bénéfice, et le rééquilibrage se fera par le différentiel de croissance.
C’est l’idée de la métropole de projets à travers un soutien de l’ensemble des forces métropolitaines.
1- Université – culture – éducation – social sur l’Etang de Berre, ils sont d’accord même s’il n’ont pas d’Université
2- Ville-Port : il n’y aura pas de développement majeur sans que les forces de la métropole y concourent
 
La 1ère difficulté est politique : depuis longtemps l’ambition des programmes municipaux est faible, ni culture du projet, ni culture du développement, de leur côté les habitants considèrent qu’ils ont des choses en commun.
A Aix, ils n’arrivent pas à s’exprimer sur la « métropole » aixoise, mais à Marseille on ne le fait pas non plus.
Chacun doit apporter au développement métropolitain, l’identité des territoires, les mutations énormes des métiers (dans mon domaine 50% des métiers n’existaient pas il y a 20 ans), les cultures aussi.
Renaud Muselier parle d’un immense grand Marseille, il faut déjà travailler sur le territoire de vie, et d’abord être attentif à la bulle marseillaise car à Marseille on reste trop dans sa bulle.
Aucun projet ne peut se faire sans des alliances. Il faut travailler sur le territoire de la métropole et introduire de la fluidité dans les échanges entre territoires.
 
Pour ce qui concerne le centre ville. J’y ai habité longtemps mais je n’ai pas trop assisté à ses dernières mutations. Le centre ville est très lié au port, il faut travailler sur la relation ville-port. Qu’est-ce qu’on peut apporter à une nouvelle dynamique portuaire, l’innovation technologique est fondamentale pour le port.
On a perdu 20 000 emplois en ne voyant pas cela. Si on introduit la technologie massivement on gagnera à nouveau 20 000 emplois, mais il faut que tout le monde s’y mette. Le centre ville peut être porteur de cela.
Luminy et Château Gombert n’ont pas cette vocation.
Il est important que les populations puissent rester et introduire des choses nouvelles.
À l’époque de Vigouroux, j’ai joué un rôle pour la venue de l’IUFM, développer le centre ville c’est introduire des éléments de la métropole ancrés dans la population. Il faut un grand projet du centre ville.
Jean Viard dit créons des espaces publics, OK, mais le centre joue aussi un rôle.
Il y a 96 lignes de bus diurnes mais 4 seulement traversent la ligne de séparation Nord-Sud, or l’appropriation des échanges se fait aussi en « voyant » la ville, ce n’est pas chacun qui doit vivre chez soi, le centre ville est réducteur.
Liens avec les autres conseils de développement de la métropole. Ils s’établissent de façon plus rapide que prévu, depuis 8 mois nous avons 1 réunion par mois de nos bureaux, une charte a été rédigée, on va lancer les assises de la métropole pour le 5 mars 2011 à Aubagne sur 3 thèmes : les mobilités, le développement (emploi, mutations économiques, innovation), cultures. Chaque conseil de développement a désigné 3 personnes pour chaque commission. Ça avance vite car il y a une fenêtre de tir.
 
Dans le cadre de la discussion :
Le conseil était structuré en fonction du SCOT, on a balayé cela et l’on s’affranchit des limites de MPM.. Les PADD d’Aix et d’Aubagne ne sont pas encore validés, pourtant on est tous sur une validation en 2012. L’Etat lance l’Inter-SCOT aussi. Avec la loi Voynet, les conseils de développement sont des aides à la décision et à l’évaluation des politiques publiques, nous voulons tous mesurer notre impact. Nous avons été beaucoup aidés par nos amis de Lyon, ils sont experts que ce soit par la saisine (la communauté urbaine qui les saisit d’un sujet) ou par l’auto saisine, cela leur permet d’aborder tous les sujets à la fois.
Sur le port, nous préparons une saisine sur la technopole de la mer avec MPM, mais sur les conteneurs de Mourepiane nous sommes dans l’auto saisine.
On a mis des moyens sur les relations avec les conseils de développement, mais on pourrait suggérer que les services de nos communautés d’agglomérations mettent aussi des moyens pour cette dimension. Le conseil de développement a une place dans le travail de l’AGAM mais ne l’a pas encore exploité.
Il y a des fonctions de métropole mais il faut que ce soit désiré par les habitants.
Pour 2013, il faut le patrimoine et l’événement, le problème c’est que le patrimoine bat de l’aile (MUCEM, Villa Médicis…). Il y a un peu de la langue de bois sur 2013, l’enjeu c’est l’après.Pour quartiers défavorisés, il faut un grand projet cohérent, continu, or nous voyons des coups d’accordéon sur les politiques publiques, il faut toujours plus de moyens oui mais …
On est dans un système politique à bout de souffle, ça ne correspond pas aux réalités, il a une crédibilité faible, l’expression citoyenne c’est pendant un mois et après plus rien.
Le conseil de développement peut aider à l’implication des habitants. Il y a des aspects techniques. Le site internet a pour objectif de collecter les textes, il est en 4 parties : actualités, zone de travail, rassemblement des documents existant (un DVD a été fait pour cela), et textes de participation.
Il manque un début de vision de notre avenir. Les gens qui ont des projets ne savent pas ce qui va se passer à 5 ans. Une vision claire de l’avenir manque, pour le port, pour le centre, etc.
A l’heure où Georges Frèche disparaît, on peut dire qu’à Montpellier cette question ne se posait pas, il y avait un pilote dans l’avion, ici c’est le bateau ivre plus qu’ailleurs Il y a des initiatives par le bas, mais finalement moins de choses qu’ailleurs.
Euroméditerranée a peu de contrôle politique, il n’y a pas d’appropriation, ça reste relativement technocratique. On a inauguré la gare TGV cinq ans après l’arrivée du TGV…
En ce qui concerne le port, il n’y a pas d’alternative économique à l’activité portuaire. La 1ère mutation à faire est la mutation portuaire. A Marseille, le tourisme se fait beaucoup chez l’habitant.
Les centralité ce n’est pas une question simple : les zones commerciales et les zones technologiques sont extérieures et mal desservies par les transports en commun, la gare st Charles il aurait fallu une grande dalle qui aille de la gare à la fac St Charles, pour le port c’est un peu la même chose, il faut déplacer les grilles au fur et à mesure des besoins.

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