Marsactu.fr - 21/01/2011

Après trois procès gagnés, les locataires d’Air Bel demandent 240 000 euros à leur bailleur

Le petit local situé au pied de la tour n°4 de la cité Air Bel (11e) est rapidement plein. Face à Michel Ghio, président de l’amicale des locataires, des mamies sémillantes, une mère de famille avec son petit, des quadras à l’accent bien marseillais, quelques jeunes attirés par cette animation. Pour cette assemblée générale annuelle, après avoir rapidement évacués les vœux, Michel Ghio passe rapidement à l’ordre du jour : l’audience prévue au tribunal d’instance le 11 février.
Après trois condamnations, la Phocéenne d’Habitations, qui loue 283 logements sociaux dans le quartier, a été contrainte de rétrocéder environ 25 000 euros de charges qu’elle a perçues de manière indue entre 2001 et 2004. « Mais ils continuent », justifie Michel ghio, qui précise que la nouvelle assignation s’attaque aux années 2007, 2008 et 2009 et représente environ 28 000 euros de charges.
« Pour l’année 2010 on ne peut pas crier au scandale tant que ce n’est pas régularisé. Et pour le reste on ne peut pas remonter plus de 5 ans en arrière. Mais avant c’était 30 ans », ajoute-t-il l’air gourmand de celui qui aimerait bien solder les comptes depuis la construction de la cité en 1972… Du côté du bailleur social, pas de réponse pour l’instant à nos demandes d’éclaircissements.
 
210 000 euros de dommages et intérêts
 
Sur les murs du QG de l’association, les articles de presse comme autant de médailles, et un casier plein à craquer de dossiers dans un coin rappellent leur vigilance permanente. « Cela fait combien de temps qu’on se bat, comme sur le réseau d’incendie, Danielle ? », interroge Michel ghio. « Oh là… », sourit la vielle dame pour toute réponse. « Et si vous avez des fenêtres neuves maintenant c’est le résultat de 10 ans de travail », reprend-il.
Sur la question des charges, les trois autres bailleurs des 1200 logements HLM du quartier sont dans les clous, « pour la Société Nouvelle après avoir perdu un procès », rappelle le bouillonnant président. « Il n’y a que la Phocéenne qui tient tête. Ils s’en moquent de payer des frais de justice : ils y gagnent quand même. Tandis que notre association a des moyens limités. Cela prend du temps, de l’argent, cela fait monter la tension…Maintenant, nous demandons 210 000 euros de dommages et intérêts », annonce-t-il.
 
« On ne vit pas au Fouquet’s »
 
Le combat est éreintant, mais le camp des locataires tient bon. « Avant, on n’était que 14, maintenant il y a d’autres personnes (34, ndlr). On se rencontre, c’est convivial ! », glisse Madeleine. A la porte du local, de nouvelles têtes viennent prendre des renseignements sur les formalités à remplir, ou savoir si tout est OK sur leur facture. « Si on était 200, ils feraient des bonds », se prend à rêver Michel ghio. Quant aux élus, « ils ont fait ce qu’ils ont pu », reconnaît-il, citant l’UMP Roland Blum (alors maire du 11/12) et le conseiller général PS René Olmeta
« Combien je paie en trop ? Je ne sais pas, je ne pensais même pas qu’il y avait autant de problèmes », témoigne Armand. « S’il n’y avait pas l’amicale je n’aurais jamais su non plus. Moi ce n’est pas de payer qui me gène, c’est de payer indûment. C’est toujours pareil, c’est la loi des puissants et les petits qui ne connaissent pas se font avoir », dénonce Rania, qui demande 1037,97 euros. « On n’habite pas au Fouquet’s ou au Palm Beach. Profiter de ces gens-là c’est pas beau », tonne le président.
 
 
Par Julien VINZENT le 21 janvier 2011

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