TNS SOFRES Etude publiée le 8/06/2011 - 13/06/2011

Les Français et le logement

Enquête réalisée en face-à-face pour Les Etats Généraux du Logement en trois vagues d’avril à mai 2011


 

Des Français satisfaits de leur logement…


D’une manière générale, les Français ont sur de nombreux sujets une perception beaucoup plus positive de leur situation personnelle que de la situation au niveau national. En effet, les enquêtes réalisées régulièrement montrent qu’ils sont beaucoup plus confiants sur l’avenir de leur situation personnelle que l’avenir de la France. Cette situation se confirme s’agissant du logement.


Ainsi, d’après les données issues du Baromètre d’image du logement social conduit pour l’Union sociale pour l’habitat, 92% des Français se disent satisfaits de leur logement actuel et ils sont même 51% à s’en dire « très satisfaits ». Ce niveau de satisfaction, particulièrement fort chez les propriétaires (98%), est un peu moins élevé chez les locataires, aussi bien ceux du privé (85%) que ceux du secteur social (81%). La satisfaction augmente avec l’âge (on passe d’un taux de 87% chez les 18-24 ans à un taux de 96% chez les 65 ans et plus) et est plus forte chez les cadres et professions intellectuelles (96%) que chez les ouvriers (88%).


Dans le détail, les Français se déclarent très satisfaits de la localisation de leur logement (94%), de son confort (93%), du nombre de pièces (89%) et de la superficie (89%). Trois dimensions sont un peu en retrait même si les Français les jugent majoritairement satisfaisantes. Il s’agit de l’insonorisation du logement (77% de satisfaits), de son coût (75%) et de sa consommation d’énergie (68%) : ce dernier item, le plus mal noté en termes de satisfaction globale, reflète les préoccupations actuelles des Françaisconcernant à la fois le pouvoir d’achat et l’environnement.

… Mais qui peinent à le financer


Les résultats du Baromètre d’image du logement social conduit en avril 2011 avaient montré que près d’un Français sur cinq (17%) déclare éprouver des difficultés à faire face aux coûts induits par son logement (loyer ou remboursement d’emprunt), une proportion qui s’élève à 25% environ chez les ouvriers, les employés et les Franciliens, à 25% pour les locataires du privé et à 29% pour les locataires Hlm - alors que seuls 11% des propriétaires déclarent avoir des difficultés à financer leur logement.


L’étude réalisée pour les Etats Généraux du Logement conforte ces résultats, révélant que les trois quarts des Français (76%) estiment que la part de leurs revenus consacrée aux dépenses de logement (loyer, remboursement d’emprunt immobilier, charges) est importante - parmi lesquels 33% jugent celle-ci « trop importante ». A l’inverse, seuls 20% des sondés jugent la dépense de logement peu ou pas importante. Ce sont surtout les jeunes qui estiment la part consacrée aux dépenses de logement importante (92% des 25-34 ans), les ouvriers (86%), les professions intermédiaires (85%) et les employés (80%), les locataires du privé (88%), et dans une moindre mesure les locataires Hlm(82%). Mais on relève aussi qu’une proportion considérable des cadres et professions intellectuelles (73%) et des diplômés de l’enseignement supérieur (74%) partage également cette opinion. Les retraités, en revanche, sont plus nombreux à juger peu ou pas importante la part de leurs revenus consacrée à ces dépenses (28%, contre 20% de l’ensemble de la population), ainsi que les propriétaires (26%).

Trouver un logement en France aujourd’hui : une entreprise difficile pour 82% des Français


La dépense de logement, reconnue par un tiers des Français comme excessive, est probablement un frein à la mobilité. Alors que plus d’un quart des Français (27%) - et 49% des locataires du privé, 45% des locataires Hlm, mais aussi 43% des moins de 35 ans - souhaitent quitter leur logement prochainement selon le Baromètre d’image du logement social conduit en avril, l’étude aujourd’hui réalisée pour les Etats Généraux du Logement montre que trouver un logement reste difficile en France, à l’heure actuelle, pour 82% des Français. Ceux-ci sont même 29% à considérer l’entreprise comme « très difficile  ». Ce sentiment est particulièrement partagé par les locataires Hlm (87%, dont 40% « très difficile ») et davantage encore par les Franciliens (96%, dont 42% « très difficile »).


Le constat est un peu moins négatif s’agissant de la situation perçue dans la commune de résidence : 59% estiment qu’il y est difficile de trouver un logement contre 33% qui jugent cela facile. Là aussi, les locataires Hlm (75%) et les Franciliens (84%) sont plus négatifs tandis que les propriétaires se montrent davantage partagés : 40% estiment que cela est facile contre 50% difficile.

Une accession à la propriété souhaitée par la moitié des locataires


Dans ce contexte, 55% des locataires interrogés souhaiteraient à l’avenir devenir propriétaires (dont 33% qui le souhaitent tout à fait). Ce souhait est particulièrement partagé par les jeunes locataires (88% des moins de 35 ans) mais beaucoup moins chez les plus de 50 ans (9%). A noter qu’une courte majorité des locataires Hlm (52%) ne souhaite pas devenir propriétaire à l’inverse des locataires du privé qui sont 66% à le souhaiter.


Ces locataires qui souhaitent devenir propriétaires estiment pour une très large part qu’ils pourront concrétiser ce souhait, mais de manière différée : 14% pensent ainsi pouvoir le faire dans l’année et66% à plus long terme. 12% estiment en revanche qu’ils ne le pourront probablement pas et 4% pas du tout.

Le montant du loyer, principal obstacle à la recherche d’un nouveau logement pour les locataires en recherche d’une location


Parallèlement, 20% des locataires interrogés disent chercher actuellement à louer un autre logement que celui qu’ils occupent. C’est surtout le cas des plus jeunes (26% des moins de 35 ans) qui sont plus que les autres amenés à voir leurs besoins en matière de logement évoluer en fonction de leur parcours professionnel et de leur situation familiale, mais aussi des locataires d’un appartement du secteur privé(29%), qui sont également davantage en recherche d’un nouveau logement, tandis que ceux du parc Hlm le sont moins que la moyenne (16%).


Le principal obstacle que rencontrent ces locataires en recherche d’un autre logement à louer est lemontant du loyer (réponse citée en premier). Viennent ensuite, au même niveau environ, l’absence de logement répondant à leurs critères et les garanties demandées ; le critère de la localisation du logement étant cité en dernier.

Une action des pouvoirs publics jugée insuffisante face au problème du logement 


Dans ce contexte d’inquiétude face au logement, 43% des Français estiment que les responsables politiques s’occupent insuffisamment de ces problèmes dans leur commune de résidence, contre 41% qui pensent qu’ils s’en occupent suffisamment. Ce relatif équilibre dans les réponses au plan local est largement infirmé au niveau national, puisque 84% des personnes interrogées - soit une très forte majorité - estiment que les responsables politiques ne s’occupent pas suffisamment des problèmes de logement en France, 1 répondant sur 10 seulement soutenant le contraire. 


L’action à l’échelle nationale est jugée encore plus sévèrement par les 35-49 ans (93%), les actifs(88%), les moins diplômés (91% [niveau bac ou brevet]) et les sympathisants de gauche (89%) qui la considèrent davantage que les autres insuffisante. A l’inverse, les 65 ans et plus se montrent légèrement plus satisfaits, même si la proportion reste faible (14% d’entre eux jugent suffisante l’action des pouvoirs publics face aux problèmes de logement). Au niveau de la commune, le jugement est ici aussi plus critique chez les Franciliens (54% contre 43% en moyenne) et chez les locataires.

Un déficit d’action perçu qui se traduit par une insatisfaction plus générale vis-à-vis de l’action des pouvoirs publics en matière de logement…


Plus globalement, le caractère insuffisant de l’action publique en matière de logement au niveau national se traduit par une insatisfaction, pour 69% des Français, vis-à-vis de l’action des pouvoirs publics en ce domaine (contre 25% seulement qui se disent satisfaits). Ce chiffre atteint même 81% chez les cadres et professions intellectuelles, 76% chez les diplômés de l’enseignement supérieur, et 75% chez les 35-49 ans, les salariés et les locataires du privé. Les Franciliens sont aussi largement plus critiques que l’ensemble des Français sur l’action des pouvoirs publics, puisqu’ils sont 78% à la juger insatisfaisante en matière de logement. Le constat est un peu moins négatif chez les personnes âgées de 65 ans et plus (31% jugent satisfaisante l’action des pouvoirs publics) et les locataires Hlm (36%).

… et particulièrement dans les quartiers en difficulté


Cette insatisfaction envers l’action des pouvoirs publics en matière de logement se confirme quand il s’agit, plus spécifiquement, de leur action en direction des quartiers en difficulté. 71% des Français jugent en effet insatisfaisantes, et près d’un tiers d’entre eux (29%) « très » insatisfaisantes, les politiques menées en direction de ces quartiers.

Garantir la mixité sociale : un objectif « important mais pas prioritaire » pour les Français


La mixité sociale est un objectif considéré comme important sans prendre la priorité sur les autres enjeux liés au logement. Certes, 28% des Français jugent le fait de garantir la mixité sociale comme un objectif prioritaire, mais ils sont 43% à considérer celui-ci comme « important mais pas prioritaire »  ; seulement 21% d’entre eux le jugeant « secondaire ». Les plus diplômés lui accordent plus d’importance (prioritaire pour 36% d’entre eux), de même que les Franciliens (35%) ; alors que les ouvriers et les locataires Hlm le jugent davantage secondaire que les autres (27% contre 21%).


Quelle que soit leur opinion sur le sujet, on note par ailleurs que 60% des Français jugent insatisfaisante l’action des pouvoirs publics pour garantir cette mixité sociale ; jugement davantage partagé par les salariés du secteur public (76%), les cadres et les professions intellectuelles (73%) et les diplômés de l’enseignement supérieur (72%).

Le logement : une priorité de la campagne présidentielle pour 28% des Français, devant la sécurité, la dette publique et l’immigration…


Invités à choisir parmi une liste de 12 thèmes ceux que les responsables politiques devraient évoquer en priorité lors de la campagne de l’élection présidentielle de 2012 (plusieurs choix possibles), les Français placent le logement en 7ème position. Cité par 28% des répondants, cet enjeu arrive après l’emploi (70% de citations), le pouvoir d’achat (62%), les retraites (44%), l’éducation (43%), le système de santé (41%) et l’environnement (30%). Le logement arrive ainsi avant la sécurité (27%), la dette publique (24%), l’immigration (23%), les impôts (21%) et la justice (20%).


Chez les moins de 35 ans, le logement est le 4ème sujet prioritaire à aborder avec 38% de citations, après l’emploi (75%), le pouvoir d’achat (58%), et l’éducation (44%) et au même niveau que les retraites (38%). Le logement est également davantage cité par les locataires du privé (33%) et surtout ceux du secteur social (38%), comme par les Franciliens (38%).


Plus spécifiquement en matière de logement, le problème majeur que devra résoudre le futur Président de la République concerne pour 49% des Français la limitation du niveau des loyers. Trois autres sujets sont ensuite cités par une large partie des Français : il s’agit la mise à disposition de logements d’urgence pour les plus démunis (40%), de la facilitation de l’obtention d’un logement social (36%) et du développement de logements pour les jeunes (36%).


Cinq domaines d’action sont jugés prioritaires par un tiers environ des Français : les solutions de logement pour les personnes âgées ou dépendantes (34%), l’accession à la propriété (32%), l’action sur les prix des achats immobiliers (30%), la construction de davantage de logements pour répondre à la demande (29%) et le fait de rendre les logements plus économies en énergie (28%).


Deux sujets paraissent moins prioritaires aux yeux des Français : la démolition des tours et des barres et la reconstruction de nouveaux logements à la place (15%) et le renforcement de la mixité sociale (13%).

… dans un contexte où les Français se révèlent très préoccupés par les difficultés que rencontreront leurs enfants à l’avenir concernant le logement


Le Baromètre d’image du logement social avait révélé, en avril dernier, une forme d’hypothèque sur l’avenir : 44% des répondants (non locataires de Hlm) estimaient ainsi qu’ils pourraient un jour avoir besoin du logement social  ; de surcroît, 50% des Français (et 67% des ouvriers) pensaient que leurs enfants auraient un jour besoin d’avoir accès à un logement social.


L’enquête réalisée pour les Etats Généraux du Logement confirme à son tour que le logement constitue pour les parents un motif d’inquiétude sérieux quant à l’avenir de leurs enfants. Questionnés sur les problèmes auxquels seront, selon eux, le plus confrontés leurs enfants à l’avenir, la difficulté à se loger arrive ainsi en 3ème position (avec 40% de citations), après la difficulté à trouver un emploi stable (71%) et les difficultés liées au pouvoir d’achat (55%), avant les risques environnementaux (32%), l’insécurité (30%) et les risques liés à la santé (27%). Cette inquiétude liée au logement est particulièrement élevée chez les Franciliens (62%, en 2ème position avant les difficultés liées au pouvoir d’achat) et chez les catégories plus modestes (employés 53%, ouvriers 48%). Les locataires du secteur privé se montrent également plus inquiets à ce sujet (52%, en 2ème position), tout comme ceux du parc Hlm (50%).


 


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