Conseil de développement (commission habitat) de Marseille Provence Métropole - 31/12/2012

CVPT –Contribution à l’orientation et a la programmation des débats


Cycle de travail sur les questions de solidarité urbaine.
>> C’est une question à très forte connotation politique.

Il faudra, tout d’abord débattre de la définition du vocable « solidarité urbaine » qui ne peut se résumer à des aides compensatrices (l’aumône) ou à du blabla condescendant, car cette notion illustre plusieurs contextes :
• La compensation des déséquilibres territoriaux par des actions urbaines radicales (au sens où elles vont à la racine), telles que la fin des ghettos, y compris ceux des « riches ».
• L’accès égalitaire aux services collectifs : éducation, culture, santé, justice, transports, sécurité…
• L’accès égalitaire à l’emploi, au logement, à la citoyenneté et à l’expression politique (droit de vote)
• L’instauration, en fait, d’un « droit à la ville », il faut relire Henri LEFEBVRE qui, en 1973, définit cette question : « le droit à la ville c’est-à-dire à la vie urbaine, condition d’un humanisme et d’une démocratie renouvelés ».

Nota : la concertation et la participation des habitants dans les choix stratégiques, leur mise en application et leur évaluation concernent directement la vie des habitants et touche par là à la solidarité urbaine.

Une séance devrait être consacrée à cette réflexion.

QUELQUES SUJETS POUVANT ETRE ABORDES

1. Les dispositifs qui devraient avoir un rôle régulateur ou durablement réparateur :

A/ La dotation de solidarité urbaine : majoration de la DGF, elle a pour objet de « contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans les communes urbaines confrontées à une insuffisance de leurs ressources et supportant des charges élevées ». Elle représente au moins 40 M€ (chiffre 2008), Comment se fait sa répartition et s’organise son utilisation ?

B/ L’action de l’ANRU et le rôle et la pertinence des ZFU  : L’observation groupée de ces dispositifs paraît opportune à l’occasion de l’intervention programmée de Nicolas BINET.

Ces dispositifs font sans doute de la « réparation », mais qu’en est-il de leur capacité à prendre en compte des thématiques territoriales suffisamment larges, de leur efficience pour refaire de la ville dé-ségrégée dans et autour de quartiers en difficultés ?

C/ Le dispositif CUCS (Contrat Urbain de Cohésion Sociale) et son impact sur la solidarité urbaine : dernier avatar de la politique de la Ville initiée en 1981 comme un dispositif de mission, très inter-institutionnelle, pour exercer la « solidarité urbaine » à l’égard des quartiers en difficultés, il est largement devenu une administration de gestion dans laquelle ne s’implique plus solidairement que l’échelon communal et l’Etat.

Son ambition territoriale reste notoire sur Marseille (le plus important CUCS de France avec une dizaine de sites).

Que peut-on dire de ses forces et faiblesses pour être aujourd’hui un instrument de la solidarité urbaine ?

D/ la politique du logement (PLH et Engagement Municipal pour le Logement 2) sous l’angle de la solidarité urbaine  :

Revenir sur le PLH et l’EML 2 pour une lecture évaluative en regard des questions de solidarité urbaine.

Contribution : regards croisés : CVPT, monde HLM, ... 

2. Les actions, enjeux, thématiques :

A/ La justice sociale en rapport avec la situation de crise du logement : la spéculation foncière, les coûts de production des logements, les parcours résidentiels, le nombre de logements produits...
Ce thème pourrait être utilisé comme grille d’analyse de la politique du logement et des PLH et EML ci-dessus.

B/ La réhabilitation du centre ville :
Considérant que le centre de Marseille est non seulement le centre communal mais celui de la métropole, qu’il a des traits spécifiques (où se remarque l’habitat et la mixité sociale) et autant d’atouts que de retards à combler (notamment améliorer sa lisibilité), on ne peut se passer de l’élaboration démocratique d’un projet urbain pour le centre dans lequel s’exercent les exigences de solidarité urbaine.

Point de départ : interroger le plan guide accompagnant la piétonisation du Vieux-Port et le Programme du grand centre ville sous l’angle du rôle d’ensemblier que la Ville de Marseille (ou la CUM) devrait jouer.

Autres sujets possibles (à creuser) :

C/ La qualité des logements sociaux et des réhabilitations de l’ancien par rapport à la précarité énergétique et à leur confort : la qualité n’est pas histoire d’argent, elle peut s’imposer partout à partir d’une volonté politique claire.

D/ Les espaces publics du centre ville : par définition lieux de sociabilité,donc d’expression de la solidarité entre les groupes sociaux et les générations

E/ Les services publics de proximité : dans une métropole aussi « éclatée », une ville aussi peu dense, peut-on assurer leur mise à disposition ? Le principe des « plateformes de services publics » ne pourrait-il pas s’amplifier ?

Il faudrait ajouter les « solidarités sociales » aux solidarités urbaines, à moins qu’elles en fassent partie…

Jean-Philippe Beau
Michel Guillon
Centre Ville Pour Tous
Marseille 19/01/12

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