Compte-rendu - 11/09/2012

Rencontre information-formation autour du GPV et de l’Anru Centre-Nord

 

9ème séance formation-conférence-débat 2011-2012

Mardi 26 juin 2012

Sur

"Le renouvellement urbain avec l’ANRU en centre ancien :

le rôle du GIP Marseille Rénovation Urbaine"

 

Avec :

Nicolas BINET
Directeur du GIP MRU

 Rappel du cadrage CVPT : L’ANRU (Agence Nationale de Renouvellement Urbain) a engagé une action importante de rénovation urbaine qui doit requalifier de façon décisive de nombreux quartiers de nos villes.

 

Ces actions de rénovation ont surtout concerné jusqu’à ce jour des quartiers d’habitat social urbanisés dans les années 1960 et 1970.

Elles portent désormais également sur des quartiers denses dégradés de centre ville, et Marseille fait partie des quelques communes à avoir signé des PRU (Programme de Renouvellement Urbain) pour ces quartiers de centre ancien : ils concernent Saint-Mauront et le Centre-Nord.

 

Dans plusieurs quartiers du Centre Ville de Marseille, les projets développés avec les financements de l’ANRU portent essentiellement sur la production de logements locatifs sociaux, l’intervention sur des îlots très dégradés et la réalisation ou réhabilitation d’équipements de proximité.

 

De nombreux opérateurs interviennent. Le GIP Marseille Rénovation Urbaine, anciennement GPV (Grand Projet de Ville), est chargé de la coordination de ces opérations.

 

 Nicolas Binet :

 

L’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) apporte des subventions pour un total de 300 M d’euros, permettant ainsi un investissement global d’1 milliard d’euros, sur 14 sites marseillais qui vont de Kallisté à l’extrême nord, à la Soude à l’extrême sud de la ville.

Les conventions concernant ces sites ont été signées entre septembre 2005 et octobre 2011.

La convention concernant le Centre ville, plus précisément la ZUS Centre Nord, a été signée le 28 juin 2010.
Le milliard de travaux concerné par ces 14 conventions est pris en charge à 27,8% par l’ANRU, les bailleurs, concernés au premier chef, assument 51,3% du budget, le reste se réparti entre les collectivités locales volontaires : la Ville pour 11,2%, la Région pour 4,1%, les 2 autres collectivités (MPM et Département) contribuant pour une part plus réduite.

La nature des opérations concernées, c’est par ordre d’importance : la création de logements sociaux (37,8 %), la réhabilitation de logements (14,5%), les aménagements urbains (12 %), les interventions sur l’habitat privé, en copropriété notamment (11,4%), le reste se réparti entre des démolitions, des équipements publics, des interventions en habitat ancien, etc.

 

Le GIP (Groupement d’Intérêt Public) Marseille Rénovation Urbaine a été créé en avril 2003 (il succédait alors au Grand Projet de Ville) avec un pouvoir de décision spécifique où la Ville de Marseille possède près d’1/3 des voix (31,9%), l’Etat 24,9%, la Région vient en 3ème position (18,04%).

Doté de 15 personnes, le GIP assure le pilotage stratégique des opérations dans les sites conventionnés, organise la mutualisation des financements et la réalisation des projets.

Les collectivités publiques interviennent en fonction de leurs compétences spécifiques.

Les équipes de politique de la ville – aujourd’hui appelée CUCS (contrat urbain de cohésion sociale) - regroupées au sein du GIP-Politique de la Ville, travaillent en étroite collaboration avec le GIP MRU.

Pour chaque PRU (Programme de Rénovation Urbaine) concernant chacun des 14 sites conventionnés, le GIP MRU s’efforce de mettre en place une information et une concertation avec le souci de la faire au bon moment (se garder d’effets d’annonce trop en amont ou de trop tardif au regard de l’avancement des projets) et à la bonne échelle (au niveau territorial le plus adapté).

 

Pour le PRU Centre Nord :

Le programme s’inscrit dans la ZUS (Zone Urbaine Sensible) Centre Nord (qui va du bd Oddo à la Préfecture, et du Palais Longchamp aux Docks de la Joliette).

C’est un territoire de 50 533 habitants (6% de la population de la ville) et 16% de logements sociaux, avec 4 secteurs d’intervention prioritaires :

Sur Belsunce : Velten-Korsec

Sur Panier-République, avec l’ilot Abadie en particulier

Sur Montolieu : Joliette-Bon Pasteur

Sur Bd de Stasbourg : Hoche, Caire, Villette

C’est un PRU très spécifique ; si tous les autres concernent des cités HLM (ou de grandes copropriétés), celui-là concerne des interventions en tissu ancien.

Cette diversité, spécifique au centre ancien, a amené 23 partenaires à être signataires de la convention ANRU pour 49 sous-opérations.

3 opérateurs importants interviennent sur la ZUS Centre Nord : le GIP MRU avec l’ANRU, la SOLEAM et Euroméditerranée. Il y a une répartition des taches entre les 3 et en même temps un rôle important du GIP MRU pour les coordonner.

La ventilation de l’investissement global de cette convention (137 millions d’euros) exprime bien le rôle prééminent de la constitution d’une offre en locatif social, avec 67 millions d’euros (49 %), et l’importance de la requalification d’îlots anciens dégradés avec 39 M d’euros (29 %).

 

Les contributions de l’ANRU concernent :

C La reconstitution d’une offre en locatif social : 481 logements (en substitution à des logements privés dégradés, démolis ou restructurés)  : déjà réalisé à 56 %

C La participation au déficit foncier de 8 ilots d’habitat où doivent être produits des logements

C La réhabilitation de 176 logements sociaux  : déjà réalisé à 56 %

C L’amélioration d’équipements de proximité, la création d’équipements publics et la réalisation d’espaces publics  : déjà réalisé à 38 %

C La clef des financements est adaptée à la situation spécifique du centre ancien, par exemple l’ANRU descend sa contribution à 22,6%, et les bailleurs sociaux à 32,3%, en revanche Euromed et les bailleurs privés "montent" à 24,6%.

C Des actions de communication concertation sont engagées : Place du Refuge (avec Tabasco vidéo et Cie des rêves urbains) et sur Belsunce (avec Regards croisés). 

 

Remarques complémentaires : 

- La rénovation des quartiers ne favorise-t-elle pas les hausses de loyers ? On crée de la valeur en rénovant, il faut donc, simultanément, pérenniser une offre à loyer maîtrisé, accessible aux populations les moins solvables. C’est la raison pour laquelle le PRU Centre Nord s’attache à produire 481 logements locatifs sociaux. Pour les relogements, il faut bien vérifier que les loyers de sortie sont compatibles avec les revenus des locataires, que le "reste à charge" soit constant pour eux. Et pour y parvenir, il faut que chaque partenaire affiche ses obligations.

 

- Comment les habitants sont-ils vraiment associés ? Nous sommes devant une situation très particulière, en centre ancien, pour ce qui concerne la participation des habitants, quand on mène une opération de rénovation on ne s’adresse pas uniquement aux locataires de tel ou tel immeuble, mais à l’ensemble des habitants du quartier, et de la ville entière. C’est un travail énorme d’information et de dialogue, on en fait jamais assez et ce n’est jamais assez bien. Construire un dialogue est plus difficile qu’ailleurs, car on a créé beaucoup d’illusions dans cette ville, on a souvent en face de nous soit des gens qui attendent tout, soit des gens qui n’attendent plus rien. 

 

- Qu’est-ce qu’une concertation réussie ? Il faut très clairement exprimer le projet en distinguant bien ce qui est proposé dans le cadre de la concertation des PRU, et ce qui relève d’autres dispositifs : enquêtes publiques, notamment, parce qu’il peut s’agir de décisions d’aménagement concernant l’ensemble de la ville. Une concertation réussie porte sur les éléments de la vie quotidienne et les aménagements les plus proches de la vie les locataires et des riverains. La bonne écoute des attentes et des pratiques permet d’améliorer l’adéquation entre le projet, et son usage ultérieur.

 

- Comment se fait la cohérence avec le plan d’Eradication de l’Habitat Indigne ? Le plan d’éradication de l’habitat indigne est bien sûr pris en compte, et il n’y a pas de conflit de frontière entre les différents intervenants publics, au contraire l’addition des forces et des moyens est très utile (outils + opérateurs)

 

- Comment se fait la cohérence avec le PLH (Programme Local de l’Habitat) ? Tout ce que nous entreprenons s’inscrit dans le PLH.

 

- Quelle place pour le développement économique ? Les PRU sont très focalisés sur l’amélioration de l’offre en habitat, objectif le plus crucial au plus social. Toutefois la rénovation de Plan d’Aou a pu intégrer une dimension économique importante grâce à la défiscalisation liée à la ZFU (zone franche urbaine) du nord-littoral, à Malpassé cela a été plus difficile. Dans l’espace laissé libre par les tours démolies des Créneaux on va faire un lotissement d’activité. La difficulté majeure réside dans la concurrence des besoins entre la reconstruction de logements et l’accueil d’activités économiques dans un contexte de marché immobilier très tendu.

 

- Où est le projet urbain avec 14 projets ? Les 14 projets sont des points d’appui qu’on s’efforce de relier et de reconnecter, avec le développement de quartiers plus vastes il nous faudra travailler peu à peu sur une plus large échelle (dans le PNRU 2).

Pour avoir davantage d’information sur les différents projets, consulter le site du GIP Marseille Rénovation Urbaine http://www.marseille-renovation-urbaine.fr/

 

- Quels outils d’évaluation ? C’est une exigence forte de l’ANRU, une évaluation périodique de l’avancement est faite et des missions d’évaluation sont envoyées par l’ANRU, au moins une fois deux ans après la signature de chaque convention, et la tenue des objectifs est vérifiée par l’Etat de manière continue

- Pourra-t-on avoir des aires de jeux dans le 1er arr. et sur Noailles ?

 Le PRU n’intervient pas sur Noailles ; et comme cela a été exprimé, les moyens ont été focalisés sur les urgences, l’habitat, et bien d’autres actions seront nécessaires en matière d’aménagement et d’équipement de l’espace public

- Une cohérence qui se construit techniquement peu à peu prenant en compte quartiers Nord et Centre ville, mais à quand un projet urbain d’ensemble politiquement assumé ? et à quand un projet urbain pour le Centre ville ? Le GIP n’est pas compétent pour répondre, mais on peut cependant observer la convergence de nombreuses actions publiques avec l’intervention nécessaire de plusieurs opérateurs publics (l’EPAEM, la SOLEAM, le GIP-MRU, les SEM immobilières et d’aménagement), les offices et SA HLM…) qui devrait faire émerger petit à petit la cohérence d’ensemble.

Télécharger le compte-rendu en pdf

 

 

 

 

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : mercredi 26 avril 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0