Compte-rendu de réunion - 13/12/2014

Assemblée générale de l’association, le lundi 3 novembre 2014 à 18 h 15 à la Cité des associations - 13001 Marseille.



Discussion


Où en sommes-nous après les élections municipales du printemps ?

L’équipe Gaudin est réélue pour la troisième fois. Au surplus, nous sommes devant une alliance, ou co-gouvernance Gaudin (UMP)-Guérini (ex- PS) qui n’est pas favorable à l’action citoyenne ;

Par ailleurs le conseil municipal a beaucoup évolué avec des élus plus jeunes et des élus plus informés sur les questions d’urbanisme (ML Caradec, A Fructus), un architecte conseil qui a un vrai rôle, l’implication de ces élues semble aller de pair avec un ralentissement de l’interventionnisme du directeur de cabinet du Maire.

Une meilleure coordination Ville-CUM est annoncée

Une concertation engagée sur St Charles Belle de Mai, Quartiers Libres, les casernes, 10 000 courriers envoyés et une dernière séance de concertation du 13 novembre

Un appel d’offre est lancé par la ville pour la mise en œuvre d’une politique du logement à Marseille, il doit aussi s’interroger sur le dispositif d’aide à l’accès au 1er logement, sera-t-il innovant ? Faut-il que nous nous impliquions dans ce dispositif, ou a minima demander la transparence des études et des processus en cours d’élaboration ?

A quelles conditions notre veille peut-elle être utile ?

 

Notre texte prépartoire (document joint) pose quelques questions :

- L’agrément ALUA nous a permis d’assumer un rôle sur le PLU de la communauté urbaine et son application sur Marseille, sur le rapport de la CRC (chambre régionale des comptes) concernant Marseille-Aménagement et cet agrément nous aide dans notre participation au Conseil de développement de la CUM.

-Sur l’EHI qui est une machine à recycler les immeubles mais sans qu’on sache ce qu’il en est des personnes (30% des habitants sont envoyés ailleurs).

- Il nous faut mettre en place une veille active, mais avons-nous les moyens d’éplucher les ordres du jour du conseil municipal et le la CUM ?

- Sommes-nous en mesure de construire un "projet pour le centre ville", ou au moins d’en poser les bases en termes d’objectifs (un projet pour les habitants et usagers, pas les promoteurs et rentiers) et d’implication démocratique ?

- Il nous semble nécessaire de ne pas rester « entre soi », et de nouer des partenariats avec d’autres collectifs qui convergent avec nos actions (CQPM, FAP, AMPIL, etc.) : les Brouettes à la Belle de Mai ont créé 6 ou 7 points relais de bibliothèque, et travaillent sur les questions de transport et de logement, de même que les collectifs des quartiers nord,

Sur l’Opération Grand Centre Ville, nous sommes intéressés par tous les aspects, mais il est difficile de savoir la logique générale du processus (s’il y en a une) alors qu’"ils" proclament "informer et participer".

 

Débat :

Face à ce contexte on est un peu perplexes, les forces profondes qui font bouger la ville n’ont sans doute pas changé.

Nous avons un potentiel d’analyse et de surveillance, mais il ne faut pas aller dans tous les sens, il nous faut nous polariser sur certains points, et écrire notre analyse.

Nous avons à tenir le cap sur deux choses : le centre ville doit être à tous et la question de la pauvreté

Le centre ville "résiste" et on le voit à l’incapacité de la municipalité à parvenir à des résultats, à part des opérations ponctuelles, malgré sa volonté affichée de "gentrifier" la ville abandonne ce centre, et le marché ne prend pas le relais ; il faut qu’on renouvelle notre analyse du centre ville, souligner ce qui ne se fait pas, démonter la vacuité de l’intervention publique.

 

L’image, les équipements et l’habitat :

Il y a un abime entre l’image idéale que la Municipalité vend aux électeurs (du grand stade à au parvis du Vieux-Port, les tours H99 et « La Marseillaise », les Terrasses du Port et l’année européenne de la Culture prolongée par la capitale européenne des sports e n2017) et les réalités sociales du logement et des équipements de proximité qui ne sont pas résolues.

Sur les Réformés comme sur la Belle de Mai, on a des processus de paupérisation. Il y a une logique d’abandon, de cycle de dégradation et d’appauvrissement à la Belle de Mai, en termes d’équipements culturels (écoles, crèches, bibliothèques) et d’habitat qui nous interpelle.

 

En tant qu’association, nous sommes confrontés à un recul de notre lien aux habitants, du fait de l’arrêt des opérations massives du début de la décennie (évictions d’habitants dans les PRI, opération Rue de la République) qui ont visé des centaines de personnes. Prendre cela en compte est nécessaire, bien que l’opération "République" ne soit pas achevée.

Par ailleurs dans l’immeuble des Feuillants, les derniers habitants que Marseille Aménagement puis SOLEAM veut expulser depuis 2001, sont en procès en appel. Notre critère essentiel devrait rester la situation réelle des gens.

 

Rue de la République : Nous sommes en train de réactualiser notre information sur la rue de la République, nous serons en mesure de répondre au patron d’ANF qui disait il y a peu dans la Provence "Nous avons fait le job". Nous proposons de réaliser, sur la base de l’enquête, un ensemble d’évènements pour rendre compte de la réalité, et des nouveaux problèmes qui se posent 10 Ans après le début de cette opération spéculative.

 

Quelle implication dans les dispositifs « Politique de la Ville » ? Quels partenariats ?

Tous le centre ville sera inclus dans la redéfinition des zones prioritaires de politique de la ville. La question nous est donc posée de nous impliquer, participer aux conseils de quartier ou aux Conseils Citoyens  qui devraient être mis en place par l’Etat et la Municipalité. Cela implique du temps et de la disponibilité, et la question reste à trancher. Comme le développe un membre du CA, il nous faudrait « éviter l’écueil de l’institutionnalisation ». Attention à ne pas perdre notre originalité et notre indépendance à force de tabler sur notre agrément d’ALUA. Nous risquons d’être vus comme une institution et ciblés comme telle par des gens qui vivent de subvention.

 

Les partenariats

Il faut aussi qu’on soit davantage attentifs aux partenariats - comme Etc. sur la place dite Louise Michel, à Belsunce, en ce moment - voir comment ils fonctionnent, pour faire ensemble et être caisse de résonnance (cf. la quinzaine de convergence des initiatives citoyennes de la fin novembre à l’Equitable café), cela peut donner consistance à la participation citoyenne dans les conseils de quartier, surtout lorsque les critères qui nous tiennent à cœur (continuité, modestie et rigueur) sont respectés.

 

Il y a un problème particulier à côté duquel nous passons parce que ces personnes ne nous sollicitent pas, c’est celui des SDF et des journaliers du quartier qui vivent souvent en sous-sol, avec pour seules toilettes celles de la gare St-Charles. Ils provoquent souvent l’exaspération des voisins qui n’en peuvent plus. Et il y a de nombreux usagers du quartier (employés, clients, sans papiers, précaires…) habitants ou pas. Des médiateurs connaissent ces publics et peuvent être nos interlocuteurs.

 

L’action « éducation populaire de l’association :

Pour les Rendez-vous de CVPT, nous souhaitons les remettre en place, mais il y a besoin de renouveau dans notre façon de les appréhender, et de renforcer l’équipe en charge. Ces Rendez-vous pourraient nous aider à analyser les stratégies en cours.

 

Trois questions méritent l’attention :

- En ce qui concerne notre communication extérieure, ne choisissons que des domaines sur lesquelles nous sommes tout à fait compétents. C’est le cas sur la rue de la République, c’est peut-être moins le cas sur les marchands de sommeil dans les grandes copropriétés dégradées.

- Restons conscients de l’image portée par notre association grâce à son site internet (978 visites journalières, avec 15 pages consultées en moyenne), et avec notre lettre mensuelle nous touchons 2 798 personnes. Nous sommes des acteurs de la transparence en publiant la totalité de ce que nous faisons, et ce que nous publions contribue parfois à faire plier nos partenaires. Et sachons mettre en avant les témoignages des mal-logés sur le site.

- En ce qui concerne le fonctionnement de l’association, soyons attentifs à son fonctionnement démocratique, par exemple si nous remettons en place un bureau, il faudra l’acter en AG.

 

Si l’on peut esquisser une conclusion à partir de la diversité des points de vue exprimés :

- Il y a une apparente contradiction entre la nécessaire vision d’ensemble et la nécessité de concentrer notre action sur les sujets qui sont les nôtres (logement social, transparence, participation citoyenne), mais il est important que nous ayons une analyse commune du contexte pour agir

- Avons-nous à travailler sur les stratégies des acteurs publics (et le fonctionnement du marché) ou à construire un contre-projet pour le centre ville ? Là aussi les deux démarches peuvent se rejoindre, travailler sur les stratégies en œuvre - plus ou moins avouées - peut nous aider construire l’approche des habitants ; les RDV peuvent nous aider à analyser les stratégies qui nous encerclent

- Soyons présents en tant qu’ALUA mais en ne lâchant jamais l’enquête et la présence auprès des habitants, par les partenariats et la construction d’un réseau citoyen, notre parole n’a de sens que si elle est appuyée sur une connaissance et sur une action

 - La situation a changé. Comme le rappelait un adhérent, nous ne sommes plus en 2 000 (les PRI avec leurs cortèges d’expulsions sauvages), ni en 2004 (un Fonds de Pension qui achète la Rue République et veut expulser 600 ménages), mais devant une processus d’exclusion « par le marché immobilier » , soft, continu, profond et lent , et difficile à combattre. Quel nouveaux dispositifs, processus citoyens, partenariats, construisons nous face à cela ? Cette question reste ouverte.

 La séance est levée à 20h 30

 

 

 

 

 

 

> Texte préparatoire présenté par le conseil d’administration de l’association

>

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31/03/2017
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