Compte-rendu de réunion du RV CVPT - 2/04/2015

"Convergence des initiatives citoyennes : quelles dynamiques à l’œuvre sur le territoire marseillais ?"


 

Le 2er débat organisé mercredi 11 mars 2015

dans le cadre des

"Rendez-vous d’Un Centre Ville Pour Tous"

pour l’année 2015 a porté sur le thème :

"Convergence des initiatives citoyennes : quelles dynamiques à l’œuvre sur le territoire marseillais ?"

 Avec :

L’association La Plateforme

Alima El Bajnouni et Philippe Oswald

en partenariat avec la Maison de l’Architecture et de la Ville PACA

 

Rappel du cadrage :

L’association CVPT inscrit son deuxième rendez-vous de 2015 dans la poursuite des échanges avec les collectifs citoyens du territoire marseillais.

Marseille : 850 000 habitants. Combien d’entre nous s’investissent chaque jour dans des collectifs, des associations ou autres structures pour un usage juste et cohérent de nos communs ? La tendance vers une gestion privatisée de zones autrefois considérées d’ « intérêt général » interroge sur l’urgence des collectifs citoyens à s’organiser, mutualiser, construire des stratégies communes d’appropriation et de gestion de ces zones d’intérêts communs qui recouvrent aussi bien les ressources du territoires et espaces naturels, que les espaces publics, le logement, l’éducation, la culture, la connaissance, l’information … (source : http://www.laplateforme.org/)

C’est à partir de ce constat que l’association La Plateforme a co-organisé une série de rencontres du 25 novembre au 6 décembre 2015 intitulée « Quinzaine pour la convergence des initiatives citoyennes du territoire ». Les responsables de cette structure viendront nous présenter le bilan de cette démarche et les enjeux en termes de dynamique participative, de travail collaboratif, d’appui juridique et de moyens d’information pour contribuer à une convergence des initiatives citoyennes.

 

Présentation de la démarche de la Plateforme (Alima El Bajnouni et Philippe Oswald)

La Plateforme est préoccupée par la qualité des liens au sein des collectifs, la qualité relationnelle, la qualité des interactions. Nous intervenons :

  • comme accompagnateurs à l’Economie sociale et solidaire, et
  • en partenariat avec l’université sur les thèmes des mutations sociétales (comme les mutations urbaines qui seront le sujet de la journée Faisons la ville du 24 avril), des dynamiques relationnelles (fonctionnement et interactions),
  • avec le Laboratoire citoyen en faveur des convergences d’initiatives citoyennes.

 

Si nous faisons le bilan de la Quinzaine que nous avons organisée, les contacts inter-personnels ont été importants et l’on a vu de près une multitude d’initiatives citoyennes. Il manque des passerelles entre toutes ces initiatives, un contexte morose et une urgence de rassembler les forces autour d’objectifs communs. Il y a eu un écho très fort. La question des équipements publics, de la mobilité", du bien commun et du pouvoir d’agir ont été posés. Il y a eu 500 participants sur 15 jours. L’idée a émergé de pérenniser cela à travers des groupes de travail. Sur des thèmes transversaux : appui juridique, méthodologie de projet et collaborations, pouvoir d’agir, expression citoyenne, initiatives nouvelles et média locaux.

Les groupes de travail se réunissent sur l’année. Pour le calendrier du mois de mars cf. http://www.laplateforme.org/

Notre démarche s’appuie sur le fait que le paradigme des années 80 ne marche plus. Les politiques font comme si ça marchait encore, mais ce monde-là est fini, dans le domaine de l’énergie, du travail, de la famille, etc. En face de cela, il n’y a pas de projet de société proposé par les politiques. Comment faire pour que ça serve les gens qui n’ont pas ou plus de boulot et pas d’espoir d’en trouver et font avec ? Dans d’autres champs aussi, en politique de la ville, on invite les gens à parler. Mais les gens n’y croient plus, or réagir contre c’est risquer de ne pas agir. Les gens viennent chercher du participatif. C’est une question de processus aussi, comment mettre les gens en relation. Ce qu’on fait ce soir (la forme de notre échange) est plutôt formel, or les choses fonctionnent de plus en plus de façon informelle. On fait des groupes de méthode pour travailler là-dessus. On fabrique en marchant.

On aime l’image de la soupe aux cailloux, chacun met quelque chose dans la soupe et à la fin on mange la soupe ensemble. Il faut créer l’occasion pour que chacun puisse faire quelque chose avec ça. Il n’y a pas d’énergie considérable à mettre là-dedans, mais tout cela fait quelque chose. Les jeunes fonctionnent comme cela. Puis, on voit comment on va chercher des intervenants extérieurs.

Nous n’avons pas eu de financement pour financer la Quinzaine. Nous sommes par ailleurs financés pour nos activités professionnelles d’accompagnement de projet. Il est très difficile de financer l’inter-associatif. On a tenté sur nos propres fonds de lancer cela. On s’est dit que si la mayonnaise prend, on demandera de l’aide.

Pour nous c’est le processus qui importe, davantage que le résultat, l’approche, la méthode, la création d’interactions. Certains sont plus à l’aise dans une méthode sensible, manger ensemble, etc. Plutôt que chercher une finalité politique, créer du lien, entre des collectifs, des démarches, etc.

Chacun se méfie des autres, faire la soupe c’est dépasser cela. Certaines associations ne veulent pas être en présence d’autres. Pourtant le contexte d’aujourd’hui est davantage mûr pour agir ensemble, travailler les désaccords, les rendre fertiles/féconds.

Pendant la quinzaine nous avons connu une soirée difficile dans laquelle intervenait Ivan Maltcheff. Il était attendu comme expert alors qu’il a seulement voulu être témoin. On a analysé ensemble cette frustration. On s’est interrogé sur quoi faire de ce bazar. C’est cela l’apprentissage du faire ensemble.

Les échanges ont été animés aussi sur les conseils citoyens. Il y a beaucoup de préjugés, on ne sait pas à quoi serviront ces conseils, etc. C’est intéressant de voir l’expérience du Community Organizing qui travaille sur l’émergence des leaderships et la construction des rapports de force pour monter en capacité et aboutir à des droits pour les citoyens.

La question qui se pose souvent c’est sur quel fil on tire à partir d’une situation donnée. Dans le groupe méthodologie il y a eu des propositions (entrainement mental, etc.). On a trouvé des sujets concrets. La question c’est de trouver des sujets et d’en faire un objet de travail.

Notre système éducatif nous construit dans le cloisonnement (les juristes, les architectes, etc.). Nous sommes pour l’articulation de tous les secteurs (cf. Edgar Morin).

CVPT nous a donné un exemple : les citoyens sont des interlocuteurs pertinents.

On a besoin d’interfaces, car on est issu mondes différents. Par exemple, à la fac j’ai (Philippe Oswald) des étudiants comoriens. Plusieurs sujets les occupent, le crash de l’avion de la Yemenia, les femmes, les hommes qui ne prennent pas la parole (tant qu’ils n’ont pas fait "le grand mariage"), on a besoin des ces informations pour que le débat puisse s’engager. Il se développe autour d’un événement. A partir de là qu’est-ce qu’on fait : utiliser la caméra, débat entre ceux qui boivent de l’alcool ou pas… Beaucoup de choses se jouent dans l’interculturel. De même, il faut créer des espaces pour parler des conflits interpersonnels.

La convergence n’est pas la dissolution. Un collectif est un corps. La rencontre avec l’autre, la convergence, m’enrichit, me renforce dans ma démarche personnelle.

Le 24 avril, on va arpenter un territoire et faire une réunion publique. On va créer l’occasion de faire la ville (ce sera à la Cité des Métiers, en partenariat avec Pensons le matin).

 

Les questions qui ont émergé dans le débat ont concerné en particulier :

- La difficulté de mettre en cohérence, et puis voudra-t-on manger la soupe ensemble ? L’individualisme est souvent plus fort. C’est difficile aussi de mélanger des choses qu’on ne mélangeait pas, par exemple la fête à la politique.

- La question est aussi de rechercher les cas sur lesquels on peut gagner ; il faut trouver un terrain de combat susceptible de mobiliser la jeune génération ; il faut arriver à faire se rejoindre de la compétence et des cas pratiques

- Un Centre ville pour tous est arrivé à mobiliser 1 500 personnes sur la rue de la République (grâce aux tracts et aux journalistes) mais au début on était effaré devant la difficulté, on a trouvé la ressource ; aujourd’hui c’est bien plus difficile, pourtant c’est maintenant le Panier qui est menacé. On est mobilisé sur la question du logement social sur la rue de la République. Et sur le PRI et la gestion de Marseille Aménagement on s’est battu aussi, jusqu’à informer la Chambre régionale des comptes. La question qui se pose aujourd’hui à nous c’est de rester informer en temps réel des décisions de la Ville et de la CUM.

- A Noailles il y a un petit collectif d’habitants, on a interpellé Mme le maire pour évaluer la volonté de la ville sur la question du dialogue avec les habitants. Nous sommes dans l’idée de la co-construction d’un projet et d’un contrat avec la collectivité.

- A la Belle de Mai, beaucoup de gens veulent être associés, 150 personnes se sont mobilisées lors d’un apéro participatif ; mais notre difficulté est de mobiliser sur les écoles et les aménagements. La caserne a été un élément déclencheur ; les gens recherchent un sens au milieu de la complexité, nous voulons mêler usagers et politiques, mais les uns et les autres n’ont pas le même degré d’information. Les gens attendent du concret, mais ils veulent aussi agir dans un projet global (transports, éducation, santé, etc.), et il faut des courroies de transmission entre les gens

- Avec CQPM, la communauté comorienne s’est mobilisée à la Belle de Mai, on est arrivés à faire embaucher des jeunes par Nexity, et désormais on fait partie des commissions créées sur la santé et sur l’éducation.

- Il faut arriver à être en résonnance les uns avec les autres, on ne sait pas toujours traiter les égos, beaucoup d’acteurs se détestent, il faut construire des lieux, avec de vrai terrains pour l’expérimentation, comme à Noailles, les Flamants et la Busserine ; la Plateforme a une méthode pour faire cela. Et il faut avancer progressivement, à partir de 2 ou 3 critères de reconnaissance.

- A Belsunce aujourd’hui, c’est un peu le trou noir car les groupes sociaux sont très différents et les points de rencontre entre les uns et les autres sont rares. Mais il y a des ressources et des leviers, la question c’est comment faire avancer cela.

 

La séance est levée à 20h 15.

L’association Un Centre Ville Pour Tous remercie les participants.

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