la Marseillaise.fr - 26/03/2017

Marseille : l’Unité d’Hébergement d’Urgence repart sur les mêmes bases viciées

Écrit par Myriam Guillaume vendredi 24 mars 2017 14:00

Derrière les grilles de la deuxième structure d’hébergement de France, une foule de questions non encore élucidées. 

Les salariés qui ont dénoncé la gestion calamiteuse de la Madrague-Ville par AMS sont licenciés quand les fauteurs de trouble sont repris par SOS Solidarités. L’Unité d’hébergement d’urgence de la ville n’en finit plus de chercher la voie de la normalisation.

« Mais il y a qui derrière Aïcha Carreras ? », interrogent, impuissants à obtenir des explications claires et valables d’aucune des tutelles, les 5 salariés, « lanceurs d’alerte » sur les dysfonctionnements de l’UHU Madrague-Ville qui accueille 284 SDF. Tous renvoyés aux prud’hommes et Pôle emploi après l’éviction de l’AMS et la reprise en main du centre d’hébergement par la Ville et la préfecture.

La gestion de l’UHU marseillaise est loin d’être un long fleuve tranquille. Ses remous ne semblent pas calmés dans la tentative de remise à flot par les tutelles. Après des années de mauvaise gestion avérée par l’Association d’insertion à caractère social (Aics), en 2012, la gestion est temporairement confiée à l’Armée du Salut, qui licencie pour « insuffisance professionnelle » une des pierres angulaires de ces crispations, Aïcha Carreras, au statut trouble, présente sur la Madrague-Ville depuis 21 ans, et qui avait permis le recrutement d’une dizaine de personnes de son milieu familial parmi la cinquantaine de salariés que compte l’UHU. La procédure est toujours pendante devant le conseil des prud’hommes de Marseille. Nicolas Nouveau, directeur intérimaire, dira d’elle : « L’importance de son rôle est déterminante pour comprendre l’ensemble des dérives de la structure. »

L’Association de médiation sociale (AMS) est mise à la tête de l’UHU en décembre 2014, contre un vent de protestation du collectif Alerte Paca qui réunit l’Uriopss, la fondation Abbé Pierre et Médecins du Monde. Mais Ville et préfecture ne cillent pas. Et on retrouve une partie des salariés incriminés dans les dysfonctionnements du centre dans la reprise par AMS. Quelques dénonciations de salariés et un audit plus tard, AMS est discréditée à son tour.

Rien n’est réglé

Enfin, Ville et préfecture annoncent reprendre les rênes. Le choix d’un nouveau gestionnaire se pose sur SOS Solidarités « qui présente les meilleures garanties », le 14 novembre 2016. Mais le malaise persiste. « Nous sommes 5 a avoir dénoncé le népotisme, toujours d’actualité puisque Aïcha Boukhechem-Carreras est à nouveau en place, constate amèrement Adal Arabi, ex-surveillant de nuit, et aucun de nous n’a été réintégré, en dépit des engagements. » Un rendez-vous avec le préfet délégué Yves Rousset le 8 décembre dernier a été reporté... sans date ultérieure.

Interpellé par le conseiller municipal PCF, Jean-Marc Coppola, le préfet renvoie : « Cela relève du droit du travail. » Pas mieux pour l’adjoint au maire Xavier Méry, qui peine à démêler toutes les ficelles. Dont on se demande encore qui les tire. Mais ces 5 salariés licenciés pour avoir pris la responsabilité d’alerter les tutelles font bien les frais d’une situation qui reste cousue de fils blancs.

Myriam Guillaume

 


l Interrogée, la direction du groupe SOS n’a pour l’heure pas donné suite.


 

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