La Provence.com - 4/04/2017

LOGEMENT Les mal-logés encore plus nombreux

Les cartes et les courbes succèdent à l’écran. La réalité qu’elles décrivent, dans un joli jeu de couleurs, indigne : 15 millions de Français sont mal-logés et/ou en situation de "fragilisation" à cause de leur habitat. Avec 143 000 sans-abri (et 2 000 morts chaque année), le nombre des personnes à la rue a bondi de 50 % entre 2001 et 2012, les personnes victimes de la précarité énergétique de 76 %. Ces chiffres racontent une France laminée par les inégalités : les plus modestes ne se sont toujours pas relevés des effets de la crise immobilière et économique amorcée en 2008. C’est aussi cette France-là qui est appelée aux urnes dans trois semaines : mais qu’ont à lui dire les candidats à l’élection présidentielle ?

Dévoilés hier à Marseille par la Fondation Abbé Pierre, ces chiffres forment la trame de son 22e rapport sur l’état du mal-logement en France. Pointent le bilan "en demi-teinte" du quinquennat Hollande, qui avait promis de faire "du logement sa priorité" et qui s’est arrêté en chemin, quand il n’a pas fait "marche arrière". Certes, l’offre d’hébergements d’urgence a fortement augmenté, la construction de HLM est repartie à la hausse, mais les expulsions locatives - qui reprennent aujourd’hui -, aussi. Celles-ci étaient de 6 337 en 2001, de 14 363 en 2015 ! Las, "la part du PIB consacrée au logement n’a pas varié entre 2006 (1,76 %) et 2017 (1,79 %)", souligne encore Marc Doumergue, chargé des études à la Fondation Abbé Pierre.

En Paca, "pourtant l’une des régions les plus riches deFrance", la situation s’avère encore plus alarmante : 36,8 % des enfants y vivent sous le seuil de pauvreté (+ 4,5 % depuis 2008), comme 21,5 % des seniors (+ 3,3 %). 17,3 % de la population provençale est jugée pauvre selon les critères de la Caf, contre 14,5 % des Français.

Un chiffre terrible qui rejoint évidemment celui du chômage : 11,3 % en Paca, 9,7 % dans l’Hexagone. Ces ménages frappés par la précarité sont plus souvent locataires : 28,1 % d’entre eux sont considérés comme vivant sous le seuil de pauvreté (jusqu’à 33,7 % dans le Vaucluse). Sans emploi, travailleurs mal payés, familles monoparentales, jeunes, retraités, toutes les catégories sont touchées. Et les délais d’attente pour obtenir un logement social (dans le cadre de la loi Dalo) sont de 30 à 60 mois dans les zones urbaines de Paca.

Une désolante fatalité ? Non, un "enjeu démocratique", rétorque la Fondation Abbé Pierre, qui invite les candidats à l’élection présidentielle à s’emparer fermement de la problématique. Pour les guider, les inspirer, ils ont ainsi listé quinze propositions. Renforcer l’encadrement des loyers, résorber les passoires thermiques, mobiliser le parc privé à des fins sociales, construire plus à de prix adaptés aux besoins des ménages, création d’une "sécurité sociale du logement"... Les idées sont là. Reste à trouver un candidat pour les incarner.

Delphine Tanguy

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0