La Provence.com - 11/04/2017

Marseille : "Les petits propriétaires n’ont pas les moyens de rénover"


Certes, le marché des biens existants a "repris des couleurs" avec plus de 32 000 ventes en 2016, soit entre 5 et 10 % d’augmentation selon les endroits. Certes, l’immobilier social a connu un pic "historique" avec plus de 5 100 logements locatifs sociaux agréés. Certes, les prix ont cessé de baisser et avec 6,85 milliards d’euros de ventes dans les Bouches-du-Rhône, on pourrait se dire que la crise immobilière est désormais derrière nous.

C’est en - grande - partie vrai et comme le disait lundi dans nos colonnes Didier Bertrand, président de la Fnaim 13, "nous sommes sur un marché dynamique". Mais tout n’est pas rose pour autant et les professionnels de l’immobilier n’ont pas encore totalement retrouvé le sourire, d’autant que l’échéance présidentielle plombe le marché. "On a moins d’offres mais la même demande, donc, on sent une tension sur les prix", a confirmé hier Didier Bertrand au cours de la présentation des chiffres de 2016 par l’Observatoire immobilier de Provence (OIP), présidé par Christian de Bénazé.

Si, du côté de la maison individuelle on sent une nette augmentation avec + 20 % (après dix ans de baisse), du côté du logement neuf collectif, le compte n’y est pas forcément. "On a vécu une année 2016 en dents de scie avec une baisse de l’ordre de 9 % sur l’ensemble du département. À Marseille, ce chiffre atteint - 19 % avec une chute de 11 % des réservations nettes et une baisse de 10 % de l’offre commerciale. La demande reste forte mais on a de moins en moins de stock. L’an dernier, la Ville a accordé 5 800 autorisations, mais nous n’avons eu que 2 900 logements à la vente. Où sont passés les 3 000 autres ? La multiplication des recours y est peut-être pour quelque chose...", s’interroge Stéphane Perez, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Provence qui assure que le territoire "ne peut pas être attractif si l’on ne propose pas de nouveaux logements. D’ailleurs, à chaque fois qu’on lance un programme, on vend..."

Pourtant, la population marseillaise n’augmente pas et le taux de logements vacants demeure important. "Mais regardez l’état des logements existants...", s’étrangle le responsable.

Et c’est là que le bât blesse considérablement. Aujourd’hui, les logements dits "anciens" souffrent terriblement de la concurrence du neuf ou semi-récent. "Dans l’ancien, les efforts d’amélioration ne sont pas à la hauteur des nécessités. Les locataires ne veulent plus des appartements avec des cuisines et des sanitaires non rénovés ou plus au goût du jour", constate Jean-Luc Lieutaud, pour l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis). Problème : la majorité des "petits" propriétaires n’ont pas les moyens de financer les travaux et n’ont pas forcément connaissance des aides proposées par l’État notamment. "Du coup, le taux de vacance est de 11 % à Marseille et il faut entre trois à six mois pour relouer un bien ancien quand il en faut maximum deux dans le neuf. Il faut aider les petits propriétaires", prône Jean-Luc Lieutaud. "Il faut de l’offre immobilière, mais pas n’importe comment et pas dans n’importe quelles conditions", ont certifié hier les professionnels.

Preuve encore que la reprise globale reste extrêmement fragile...

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