La Provence.com - 10/04/2017

Marseille : à la Sogima, le bras de fera commencé



Sonnés par le plan drastique de la direction, les salariés en grève interpellent la Ville

La stupéfaction est restée imprimée sur les visages, éteints et fermés à double tour. Au lendemain de l’annonce "unilatérale, à la fin d’un simple comité d’entreprise" - s’offusque l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC) - de la suppression d’un quart des effectifs de la société immobilière de la Ville de Marseille, la plupart des salariés du bailleur social affichaient, hier matin, des mines froissées. Contrecoup d’un sommeil contrarié... Mais aussi, l’énergie de ceux qui, par la grève, ont décidé de refuser une "saignée" vendue comme inéluctable. "Sogima, salariés à vendre, - 40 %", ont-ils répliqué via une banderole accrochée sur le mur du siège, situé place du 4-Septembre (7e). 

Preuve d’une colère partagée : le mouvement d’hier a été massivement suivi parmi les 162 employés. "À l’exception de la direction et des intérimaires, tout le monde est en grève", serre le poing Christine, une employée de cette société d’économie mixte détenue à 56 % par une filiale de la Caisse d’épargne Paca et à 44 % par la Ville.

Créée en 1932 pour juguler la crise du logement, l’institution est aujourd’hui dans une situation financière critique : 440 millions d’€ de dette affichée.

"Ce qui n’a pas empêché nos anciens dirigeants de partir avec des gros chèques", tempête une autre manifestante. Pour faire face à cette dette abyssale, la direction actuelle a estimé devoir tailler dans de prétendus "sureffectifs" structurels "supérieurs aux ratios de la profession", s’est justifié Pierre-André Berger, président du directoire.

"La Sogima va poursuivre son développement par la construction de 100 logements par an, en mettant 15 millions d’euros de fonds propres. Dans le même temps, licencier 40 personnes va lui faire économiser 1,8 M par an... La raison économique est discutable, relève Jérôme Aubert, délégué CGT. Et ça n’a rien d’un plan de départs volontaires, poursuit-il. Les postes supprimés sont déjà ciblés. Ils touchent exclusivement la branche immobilière qui voit 40 % de ses effectifs supprimés du jour au lendemain (jardiniers, chauffagistes, plombiers...)."

"C’est 40 familles détruites ! J’ai un enfant, des crédits derrière la tête... Si ça me tombait dessus qu’est-ce que je deviendrais ?", soupire Sandrine, pas concernée "pour l’instant" mais prête à "baisser son petit salaire pour sauver les copains". Dans ce dossier sensible, "aux multiples carambouilles cachées", glisse un syndicaliste, les difficultés financières auraient commencé "en 2007 quand la Ville a demandé à la Sogima de racheter 2 600 logements à la société dont elle était actionnaire, pour 130 millions d’. À ce moment-là, la collectivité avait besoin d’argent et la Sogima s’est mise dans le rouge... On en est dans cette situation à cause d’eux et maintenant, ils nous laissent tomber !"

Sans surprise donc, en ce premier jour d’une grève, "reconduite lundi", après une rencontre infructueuse entre l’intersyndicale et Pierre-André Bergé, c’est en direction des actionnaires que les manifestants ont haussé le ton : "On demande à la municipalité et à la Caisse d’épargne (qui a validé le plan de "retour à l’équilibre" et s’est engagée à injecter 14 millions d’, Ndlr), de nous rendre la monnaie de la pièce et de sauver nos emplois", s’époumone un agent.Une demande qui, à ce jour, côté Ville, restera sans réponse. Contactée comme la veille, elle n’a pas davantage souhaité faire de commentaire.

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