10/07/2017

Copropriétés en déshérence : une « ghettoïsation » sans solution ?

Copropriétés en déshérence : une « ghettoïsation » sans solution ? Pourtant elles existent, à condition de vouloir

C’est arrivé comme une bombe, à l’été 2016 : un rapport officiel de l’Inspecteur Général du logement, Christian Nicol, confirmait ce que les associations dénonçaient depuis des lustres : le logement potentiellement indigne représente 40 000 logements à Marseille, soit 100 000 habitants, dans les copropriétés dégradées, tant dans les grands ensembles qu’en centre ancien.

Plusieurs dizaines de copropriétés, en danger de sombrer, sont en déshérence, faute de moyens d’ingénierie, de mobilisations sociales aidées, de moyens financiers de l’État et des collectivités. Les habitants (propriétaires modestes et locataires) paient le revers d’une politique invraisemblable d’accession à la propriété privilégiée de longue date par la municipalité, et de carence du bureau d’Hygiène et de l’Agence régionale de santé dans la lutte contre les marchands de sommeil, faute de personnel.

Ce rapport montre une aggravation de la situation sociale et sociétale de nombre de copropriétés (notamment par le rôle des marchands de sommeil) et propose des pistes d’observation et d’action.

La faiblesse de l’offre nouvelle dans le parc social, combinée au fossé infranchissable du niveau de prix pour les ménages qui pourraient sortir du parc HLM par l’accession à la propriété, se combinent pour accentuer la ghettoïsation d’un nombre croissant de copropriétés dégradées et la relégation des ménages modestes, soit dans ces grands ensembles, soit en logement insalubre en centre ancien.

Les pistes proposées par le rapport Nicol sont claires : une action massive des pouvoirs publics est nécessaire. Notamment par la mobilisation de l’ EPAEM (Euromediterrannée) sur les grands ensembles de copropriétés (surtout en quartiers Nord) et de l’EPF (Établissement Public Foncier régional) sur les centres anciens, notamment les quartiers de Noailles, Belle de Mai, National. Et l’investissement de l’État, promis lors des visites du Premier Ministre Ayrault.

Ces propositions étaient gardées par les élus de la Ville et de MPM, mais elles ont été heureusement dévoilées et débattues par la Fondation Abbé Pierre et CVPT.

Où en est-on à l’été 2017 ?

L’État - le gouvernement Vals- s’était déclaré absent. Sur les grands ensembles privés, Euromediterranée n’est mandaté que sur deux cités (Maison Blanche et Bel Horizon) et le reste... attendra ?

Sur le centre ancien, l’outil EPF, établissement public anti spéculatif puissant, devait être mobilisé pour contrôler les prix, acheter, faire rénover par des opérateurs (notamment pour fabriquer du logement social) puis revendre : une solution qui a fait ses preuves, notamment à Toulon.

Patratas... la nouvelle majorité Estrosi - Muselier du Conseil Régional qui préside l’EPF, a refusé, au prétexte de "ne pas augmenter les impôts (la TSE)" . Un "impôt" très faible, qui n’est pas payé par les ménages modestes qui en sont exemptés. (cf. la Provence)

Il y a de l’argent pour le Grand Stade marseillais à 270 millions, l’ARENA d’Aix à 63 millions, la piscine de Ventabren à 25 ME, mais pas pour le logement social ou l’accession sociale à la propriété. Quels moyens la municipalité compte-t-elle mettre en œuvre alors pour en finir avec les marchands de sommeil et les maladies (asthme et saturnisme) des familles ?

Il manque de l’argent, parait-il : si on en trouvait en arrêtant de détruire des immeubles sociaux ?

Le maintien de l’orientation « démolitions », pour un coût de centaines de millions d’euros pour les opérations ANRU - NPNRU de Marseille, pourrait être réexaminé dans le contexte actuel de pénurie. Les motivations, par ex., de la démolition de la Tour K de La Castellane posent problème : « Casser les tours pour casser les trafics » « La Castellane, la démolition contre la drogue », comme le présentaient J. C Gaudin et le Préfet (La Provence, 16 Janvier 2015)... Détruire les 90 logements de la tour K, pourtant en bon état structurel, c’est tout sauf une réponse à la sous formation et au sous-emploi qui sont la base de l’économie informelle, et qui mériteraient une politique massive d’investissement immatériel dans l’éducation, la formation.

De l’argent qui pourrait être utilement dépensé dans la réhabilitation de l’habitat en centre ancien de Marseille, pour que le centre ville soit bien "pour tous".

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Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0