Compte-rendu - 20/02/2005

Rapports et débat de l’assemblée générale du 7 février 2005

Association Un centre ville pour tous

Petit compte-rendu de l’assemblée générale statutaire du 7 février 2005 à la Cité des Associations, en présence des membres du bureau et du conseil d’administration et de 70 personnes présentes ou représentées, en majorité des habitants de la rue de la République.

L’ordre du jour de l’assemblée ne faisant pas l’objet d’observation préalable les différents points sont successivement abordés

Une première partie formelle...
Le rapport moral est lu par Daniel, le rapport d’activité par Christian, Michel G. présente les comptes et le prévisionnel 2005 : ces rapports sont approuvés à l’unanimité et quitus est donné aux administrateurs pour leur gestion 2004.Trois nouveaux membres sont sollicités pour devenir membres du CA, et élus à l’unanimité par l’assemblée : Monique Roussel, Bernard Rilfaud et Michel Cuadra. Les membres actuels sont reconduits.

Une seconde partie... sur la rue de la République essentiellement, un point sur les avancées de la lutte, des échanges d’informations, des témoignages, des propositions d’actions à venir...

Daniel : Nous avons commencé cette action avec vous, nous la poursuivrons, mais cette bataille, c’est bien à vous de la mener ! Soulignons d’abord le courage des 225 locataires de Marseille République, qui publiquement, ont manifesté leur résistance à ce projet de réhabilitation, saluons le courage des 15 locataires en situation de non-renouvellement de bail, qui ont interpellé le préfet, le maire, le président de la Région, du Conseil général et le directeur d’Euroméditerranée. Saluons les manifestants du 27 novembre ! La présence et l’engagement des uns et des autres, la mobilisation des militants de Centre Ville Pour Tous et des habitants.... cette résistance porte ses fruits, nous avons témoigné et créé une pression médiatique qui fait que la rue de la République est aujourd’hui connue partout en France et les choses ont avancé ! Pour faire part de nos propositions, notre stratégie a toujours été de solliciter la puissance publique, et d’exiger d’elle le respect des engagements pris, nous ne voulions pas quémander un rendez-vous auprès de Marseille République et nous faire encore traiter - comme vous l’avez déjà été - de façon indigne. Sous l’égide d’Euroméditerranée, un rendez-vous sera organisé dans une quinzaine de jours, et ensemble, nous dirons à nouveau nos exigences : nous demandons que cessent les menaces, que l’on cesse de casser les baux, que les promesses soient tenues et que la puissance publique mette en place un mécanisme qui permette aux habitants de s’exprimer et d’être entendus, que soit mise en place une véritable instance de médiation, une médiation digne de ce nom. Rappelons que la médiation est une fonction essentielle de la République, elle ne doit pas être galvaudée, comme elle l’est aujourd’hui par Marseille République... Mais notre rôle ne s’arrête pas à la rue de la République, même si les mécanismes que nous dénonçons depuis 5 ans maintenant sont mis en œuvre ici à grande échelle. Beaucoup de gens souffrent, beaucoup sont menacés d’exclusion, notre devoir est d’être à leur côté. Souhaitons que nous puissions gagner rue de la République pour continuer notre action dans d’autres quartiers !

Noureddine : Il y avait au début des collectifs rue de la République, dont celui de Muriel Beffeyte, une association devait se créer pour la défense des locataires en loi de 48. Le temps des collectifs est terminé, aujourd’hui tous ont adhéré à Centre Ville Pour Tous : CVPT est votre association, votre outil, vous devez vous en saisir. Depuis les premières déclarations de l’été dernier, il y a eu des avancées - qu’il faut prendre en compte, pour se donner l’énergie de continuer ! Les bailleurs sociaux qui ont déclaré faire une rénovation tout en gardant les baux et les locataires, alors même que Marseille République déclarait que c’était impossible ! Pour les locataires en loi de 48 : certains sont reconnus et protégés, mais d’autres voient leurs baux contestés et sont privés de leurs droits, il faut se battre pour eux ! Il reste encore 150 locataires pour lesquels il n’y a pas de solution crédible : nous devons nous battre encore ! Nous allons demander à Marseille République un écrit à chacun des locataires, on ne peut dire le matin : « on relogera tout le monde » et l’après-midi continuer à casser les baux et menacer les habitants ! Chacun des 553 locataires possède une clé de la solution... Si 553 disent : on ne part pas, chacun des 553 contribue à trouver la solution : nous devons croire en notre droit et en notre légitimité !

Annie : J’espère que les gens de Lyon, de Paris nous écoutent, ça concerne tout le monde maintenant — à Barcelone aussi dit une adhérente, il y a les fonds de pensions et les américains - c’est un problème mondial...

Daniel : Le ministre a proposé une loi contre ces ventes « à la découpe », insuffisante certes, mais qui protège déjà les personnes âgées, les personnes handicapées et d’autres à certaines conditions de ressources... Le combat, c’est bien que le logement ne soit pas réservé à la spéculation immobilière, d’où qu’elle vienne ! Et les choses ne se règleront pas de l’extérieur, nous devons rester mobilisés !

[Jean-Pierre Carlon a été présenté à l’assemblée, pour son projet de film sur les habitants de la rue / Patrick rappelle que rien n’est signé concernant les logements sociaux et que les montages financiers ne sont pas faits / Patrick propose également une « mise en couleur de la rue » par la création de banderoles, il est chargé de la réalisation de cette intervention, avec Bernard, Michel C., Martine et Dalila / Marc propose la réalisation d’affichettes à coller sur les voitures / Michel G. nous parle de cette habitante de la rue Rodolphe Pollack qui a résisté, et reste dans son appartement malgré les travaux, Daniel propose que nous lui rendions visite en délégation / Nous devons continuer à collecter les témoignages de ces menaces, si les plaintes ne sont pas acceptées, il faut les faire parvenir à l’association et nous les communiquerons au préfet (divers cas ont été évoqués : celui de M. Apieto, de Mme Ben Mohamed, de Mme Cirillo, de M. Zanotelli)/ Michel C. et Véronique évoquent les réunions d’informations aux habitants et appellent à la participation des adhérents / Daniel évoque le festival documentaire sur la réhabilitation et fait un appel à compétence pour monter ce projet]

Pour lever la séance, Daniel évoque la réunion à organiser avec les 225 locataires signataires du manifeste de résistance afin de leur rendre compte de la réunion avec Marseille République et Euroméditerranée. Monique espère une prochaine manifestation, cette décision sera prise lors de cette rencontre.

Md/ 7/02/2005

Association « Centre Ville Pour Tous » Assemblée Générale du lundi 7 février 2005 - Rapport moral 2004

Après des années où notre attention et notre énergie avaient été absorbées successivement par les quartiers du Panier, de Belsunce et de Noailles, l’année 2004 a surtout était l’année de la rue de la République. En particulier à partir de l’été et tout au long du 2ème semestre.

Et cette évolution se reflète dans l’évolution du nombre et de l’origine des adhérents qui compose l’association.

Mais en même temps que l’association se tournait vers la rue de la République, l’association a continué à suivre avec attention les conditions de logement des habitants des différents quartiers de ce centre ville et les affaires en cours.

Nous avons fait un récapitulatif de ce développement de nos activités. La masse des actions qui sont conduites aujourd’hui par notre association est assez considérable. Le petit noyau qui créait cette association voici 5 ans n’imaginait pas que celle-ci prendrait un tel essor.

Mais surtout, peu d’entre nous imaginaient que malgré les signaux d’alarmes que nous lancions au fur et à mesure de ces années, les réponses des pouvoirs publics aux questions que nous posions seraient à ce point inexistantes, ou en tout cas gravement insuffisantes, et que de plus en plus de problèmes apparaîtraient.

Non seulement, aucune réponse n’était apportée, mais les dysfonctionnements que nous dénoncions seraient désormais amplifiés et développés à une échelle quasi-industrielle sur la rue de la République.

Et pourtant nous en avons lancé des cris d’alarme au cours de ces années, nous avons rencontré des autorités publiques de tous poils (ministres, sous-préfets, conseillers municipaux, sociétés d’aménagement...), nous avons mobilisé la presse, nous avons manifesté de diverses façons notre solidarité à ces habitants dont on ne respecte pas les droits, nous avons réfléchi avec des étudiants, rencontré des travailleurs sociaux, etc. et malgré tout cela, nous avons l’impression de n’être toujours pas entendu.

Les politiques préfèrent laisser fonctionner sans trop de contrôle les mécanismes froids du marché immobilier. « L’image » de la ville prime, la montée des prix n’est pas gênante, elle est au contraire bénéfique puisqu’il s’agit d’attirer des cadres là où il n’y a que des pauvres, on veut montrer qu’enfin on saura réhabiliter un centre ville que les prédécesseurs n’avaient pas su rénover parce qu’ils étaient trop timorés, on est heureux d’avoir enfin des investisseurs qui prennent pied dans un centre ville qui n’attirait plus ceux qui ont de l’argent.

Nous dénonçons ces mécanismes pervers qui sont mis en place, largement dans le non dit, et souvent par procuration (aux propriétaires en place de comprendre d’eux-mêmes où est leur intérêt, et de faire le sale boulot).

Et du fait que nous osions dénoncer on nous accuse, afin de nous discréditer, de « faire de la politique ». Si c’est faire de la politique que d’expliquer toujours et en tous lieu les dérives en cours et d’aider les habitants à se défendre face à des forces qui les écrasent sans pitié, alors nous faisons de la politique.

Mais s’il s’agit de mettre en cause l’indépendance de l’association, cette accusation n’a aucun sens. Nous tenons informés tous les partis politiques, nous avons à cœur de parler à toutes les tendances politiques, à tous les médias, etc., etc., nous ne faisons aucune exclusive dans nos contacts, bien au contraire. Et notre site internet est transparent, nous agissons au vu et au su de tous. Cette transparence, nous souhaiterions tant qu’elle soit appliquée par tous ceux qui agissent pour cette ville.
L’opacité à laquelle nous sommes confrontée nous donne parfois le sentiment que d’autres n’agissent pas dans l’intérêt de la ville et de ses habitants.

Après ce petit préambule destiné à rappeler nos principes de travail depuis le début de l’existence de cette association, il vaut la peine de se pencher sur nos résultats de l’année 2004. C’est en s’appuyant sur ces résultats que nous pouvons mieux nous évaluer. Et le regard de tous ceux qui nous observent et celui de ceux qui attendent notre soutien, est essentiel pour nous permettre de progresser.

Participations :

- Nombre d’adhérents : 170 dont 121 sont à jour de leur cotisation.
- Nombre de sympathisants : 970
- Participation moyenne aux AG : 35 à 40 personnes
- Participation moyenne aux CA élargi : 15 à 17 personnes
- Estimation de la participation à la manifestation du 27 novembre : 500 à 600 personnes
- Signatures de la pétition « Réhabilitation oui, expulsion non ! » : 800
- Signature de la pétition de soutien aux locataires de la rue de la République : 900

Réunions et rencontres :

- les réunions de bureau : 10
- les réunions de CA : 6 dont 4 élargi.
- les réunions d’AG : 4 dont une AG statutaire (1er mars)
- les débats publics sur :

  • l’étude menée par l’école d’archi de Paris Belleville (2 février)
  • l’interpellation des élus de Marseille ( 14 juin)
  • l’état de la réhabilitation du quartier Noailles ( 21 octobre)
  • la préparation de la manifestation République ( 18 novembre)

Actions et manifestations

- Les manifestations

  • Parcours piétons ( 8 janvier)
  • Participation à des audiences de tribunal ( 8 à 10 audiences)
  • Visite guidée sur la rue de la République (8 mai)
  • Visite guidée du quartier de Belsunce et présentation de l’expo sur les piétons (12 juin)
  • Rassemblement devant la Mairie (11 octobre)
  • Défilé entre la place Sadi Carnot et la Mairie (27 novembre)
  • Rassemblement devant l’Hôtel Farid ( 4 décembre)
  • Rassemblement devant la Mairie ( 13 décembre)

- Délégations auprès des autorités préfectorales, de l’EPA Euromediterranée

- Les actions de formation et d’information

  • Atelier formation action ( 7 séances)
  • Atelier Affiche : fabrication et opération d’affichage sur les portes des immeubles de Marseille Aménagement vacants (mai-juin)
  • Séminaire- actions pour les étudiants DESS : suivi et participation à la restitution (mai et juin)
  • Séminaire- actions pour les étudiants Archi de la Villette : participation (novembre -décembre)
  • Rencontre avec des étudiants de l’institut d’urbanisme de Paris (12 décembre)
  • Rencontre avec des étudiants en urbanisme allemand (15décembre)
  • Rencontres diverses avec des étudiants et des chercheurs ( 3 à 5 par mois)
  • Réponses à des demandes d’information par les formulaires du site internet ( 5 à 10 par semaine en moyenne)
  • Visites de soutien à des locataires de la rue de la République et de divers hôtels meublés.

Constitution d’outils

- Création d’une affiche « exigeons du logement social » et d’un visuel « agissons avec un centre ville pour tous »
- Constitution d’un dossier de fiches sur le logements
- Constitution de panneaux d’exposition sur le piéton et le cadre de vie
- Fabrication de banderoles
- Elaboration et diffusion de mémorandum, circulaires, tracts : mémoires pour recours, conseils aux locataires...
- Constitution de dossiers pour l’aide juridictionnelle et démarches diverses pour des locataires engageant un recours.

Contribution à des actions de partenaires

- Actions d’informations collectives avec trois centres sociaux , l’Adil, Averroès ( 6 séances)
- Etat généraux pour le logement : participation ( 4 juin)
- Forum de la fête du Plateau : participation (18 septembre)
- Conférence-débat d’Espace Accueil aux Etrangers : participation. (11 octobre )
- Projection du film « du plomb dans la tête » de l’AFVS (5 novembre)
- Ateliers régionaux de la réhabilitation : participation (16 novembre)
- Participation à la projection du film « En quête de logement » d’ICI (2 décembre)
- Participation au film « La cigale et la fourmi » d’Olivier Gache (novembre)
- Participation à Projection du film « J’y suis, j’y reste » de Syngrid Palis ( décembre )

Le site Internet

- En deux ans le site a reçu 68 000 visites .
- La moyenne quotidienne actuelle est comprise entre 250 et 300 visites
- Depuis son origine, il y a deux ans, le site a publié

  • 622 articles articles
  • et 84 brèves

- Parmi les articles les plus visités :

  • Droits des locataires et des propriétaires : 6 000 visites
  • La pétition : « Réhabilitation oui, expulsion non » : 2 500 visites
  • Collectif « vite fait, mal fait ! » : 1 200 visites
  • Décret sur le logement décent : 1 080 visites
  • Réplique à Marseille Aménagement : 800 visites
  • Soutenons les locataires de la rue de la Ré : 700 visites

- Au cours de 2004 le Portfolio a été constitué : Il comprend actuellement 60 documents photographiques

Les médias

- En 2004 la revue de presse a réuni 182 articles de journaux
- On peut en outre estimer de 80 à 100 les interventions audio-visuelles ayant eu trait aux actions menées par CVPT

L’énumération est longue, mais par égard pour tous ceux qui se sont consacrés à ces actions, elle mérite d’être faite.
Elle nous permet de mesurer aussi l’ampleur de la tâche à laquelle nous sommes confrontés, alors que les problèmes ne cessent pas, et qu’au contraire les conditions de vie des habitants du centre ville ne cessent de se dégrader.

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